Belgique

Cela roule pour la Sécu. Le Comité de gestion de la sécurité sociale a fait une première estimation du budget dont elle pourrait disposer en 2008 tout en réactualisant les calculs pour 2007. Et les nouvelles sont bonnes.

Le budget de la sécurité sociale devrait terminer l'année 2007 avec un solde positif de 621 millions d'euros. C'est davantage que ce qui avait été estimé en mars lors du contrôle budgétaire de Louvain. Grâce à quoi ? A une croissance économique meilleure - cela entraîne un effet positif sur les rentrées de cotisation sociale. Et à une inflation plus basse que prévu - qui permet d'éviter une indexation automatique des prestations sociales en 2007.

Même constat réjouissant pour 2008. Selon le document approuvé hier par les interlocuteurs sociaux, la Sécu pourrait boucler l'année prochaine avec un boni de 268 millions d'euros. Et ce, à politique constante. Cela signifie que le prochain gouvernement peut se mettre en place sans modifier quoi que ce soit au système et tabler sur un solde positif relativement conséquent. Il peut notamment maintenir la norme de croissance de 4,5 pc des dépenses de soins de santé inscrite dans la loi, ainsi que les mesures de correction des allocations sociales. Sans mettre en péril la politique de réductions des charges sociales qui s'élèveront à 6,3 milliards d'euros en 2008.

Le ministre des Affaires sociales Rudy Demotte (PS) ne cachait évidemment pas son plaisir. Le Flobecquois avait commencé son mandat avec un dérapage de près de 200 millions d'euros. Il remettra à son successeur une institution en bonne santé.

Demotte le gestionnaire

Bien sûr, ce beau bilan n'est pas seulement dû à sa gestion. Il est évident que quand la situation économique est au beau fixe - c'est le cas pour le moment -, il est plus facile de maintenir les comptes de la Sécu dans le vert. Un exemple : si les prévisions de la Banque nationale se vérifient, 115 000 emplois devraient être créés l'année prochaine. C'est évidemment le genre de bonnes nouvelles qui pèsent favorablement sur le budget du chômage.

Mais Rudy Demotte a aussi largement contribué à la bonne santé financière de la Sécu. L'une des clés de sa réussite est d'avoir multiplié les sources de financement du système. Sous son mandat, une partie des accises sur le tabac a été ainsi versée au budget des soins de santé, ainsi que le bénéfice de la taxation sur les voitures de société. "On ne met plus tous les oeufs dans le même panier, se félicite-t-il. C'est la vision d'une gauche moderne."

Et puis, il y a les soins de santé. Rudy Demotte les a lestés de mécanismes de correction, qui permettent aujourd'hui d'intervenir plus rapidement quand le déficit menace. Cette gestion rigoureuse a payé. En 2007, le budget de l'assurance-maladie devrait dégager à lui seul un surplus de 470 millions d'euros. "Je n'ai pas remis de l'ordre dans la Sécu pour prouver que je suis un bon gestionnaire ou pour récolter de belles notes dans les journaux, lâche-t-il. Je l'ai fait parce que je sais que quand les budgets dérapent, ce sont les petites gens qui trinquent en premier lieu. Ce sont les pensionnés, les chômeurs, les malades qui en pâtissent."

Le ministre des Affaires sociales prévient dès lors l'éventuelle coalition "Orange bleue". "Grâce à notre gestion, dit-il comme s'il était déjà devenu un chef de file de l'opposition, le prochain gouvernement disposera d'un bon budget pendant deux ans au moins. Il peut donc maintenir la norme de croissance des soins de santé et la liaison des allocations au bien-être sans mettre les finances de la Sécu en péril. S'il touche à ces grands équilibres, ce sera un signe important. Les citoyens devront alors commencer à craindre ce gouvernement de centre-droit."

© La Libre Belgique 2007