Belgique

Il fut à nouveau beaucoup question de sécurité dans les débats télévisés de ce week-end. Tant "Mise au point" (RTBF) que "Controverse" (RTL) sont en effet revenus sur l’agression mortelle dont a été victime il y a quelques jours un superviseur de la Société bruxelloise des transports en commun (Stib). Rien de bien neuf n’est toutefois sorti de ces discussions. Sur les deux plateaux, plusieurs intervenants ont insisté sur le fait que Bruxelles n’était pas le Bronx, contrairement à l’image déformée véhiculée par certains médias belges et étrangers. "Ces dernières années, le taux de criminalité a diminué dans la capitale ainsi que dans d’autres grandes villes comme Liège et Charleroi", a souligné le bourgmestre de Schaerbeek, Bernard Clerfayt (FDF), tout en reconnaissant une montée du degré de violence dans des agressions commises par des individus de plus en plus jeunes.

A entendre les différents protagonistes, le drame survenu à la Stib n’est que le reflet d’une tendance bien plus profonde au sein de notre société, qui se traduit par une perte de respect envers les représentants de l’autorité et, de manière générale, des pouvoirs publics (enseignants ). Un problème qui débute au sein de la cellule familiale et qui se poursuit sous la forme d’absentéisme scolaire et d’incivilités diverses, a ainsi relevé le procureur du roi de Bruxelles, Bruno Bulthé. Un problème qui demande d’apporter des réponses répressives proportionnées, mais aussi des mesures de prévention-éducation.

Pour sa part, la ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet (CDH) a rappelé que la sécurité faisait partie des dossiers prioritaires du gouvernement fédéral et que la mort d’Iliaz Tahiraj n’avait fait que donner un coup d’accélérateur à des mesures qui étaient en préparation. Outre le renforcement du cadre policier, Mme Milquet a souligné qu’elle allait déposer deux projets de loi pour renforcer les compétences des gestionnaires de sécurité des sociétés de transport en commun et permettre à la police d’avoir un accès direct aux images prises par les caméras de sécurité de ces sociétés. Elle a également annoncé son intention de travailler conjointement avec la ministre de la Justice, Annemie Turtelboom (Open VLD), à un plan visant à rétablir le respect des "fonctions d’autorité fondamentales".

Les représentants du personnel de la Stib ont, quant à eux, fustigé certains manques persistants, concernant notamment les pannes très répandues du matériel radio permettant aux chauffeurs de communiquer avec leur dispatching. Les représentants syndicaux de la CSC ont ainsi déploré que la Stib soit aujourd’hui devenue une société avant tout obnubilée par la rentabilité et la productivité. Et de souligner que l’argent investi dans les portiques de contrôle aurait pu être utilement employé pour renforcer les moyens humains et les politiques de prévention de la violence.

De son côté, le directeur-général de la Stib, Kris Lauwers, s’est défendu en soulignant que la compagnie faisait tout ce qui était en son pouvoir pour assurer la sécurité de son personnel. Il a également annoncé que celle-ci allait offrir à ses abonnés une compensation pour la suspension du service intervenue durant trois jours pendant le week-end de Pâques.

Les titulaires d’un abonnement payant valable durant au moins un des jours du week-end de Pâques peuvent, à partir du 16 avril et jusqu’au 15 mai, demander un "event pass" via le site de la STIB. Munis de cet "event pass", ils pourront retirer leur titre de transport via un automate de vente GO. Ce titre couvrant 3 jours de transport pourra être utilisé jusqu’à la fin du mois d’avril 2013.

G. T. (avec Belga)