Belgique

La SNCB ne veut plus investir dans des projets qui ne profitent pas aux navetteurs, a indiqué vendredi son porte-parole Dimitri Temmerman, en réaction aux informations révélées par L'Echo et le Tijd selon lesquelles la SNCB a décidé de mettre un terme au développement du nouveau système informatique de vente des billets.

"Le nouveau management de la SNCB est convaincu qu'aucun euro supplémentaire ne peut être investi dans des projets qui n'apportent rien aux clients ou qui ne font pas partie de notre core business, à savoir faire rouler des trains de manière ponctuelle, sécurisée et confortable", précise Dimitri Temmerman.

Le SNCB a décidé, avec effet immédiat, de mettre un terme au nouveau système informatique de vente des billets. La facture de l'échec représenterait entre 30 et 38 millions d'euros, selon L'Echo qui révèle l'information vendredi. Un retard important et un surcoût financier justifieraient l'arrêt brutal du système de billetterie "New distribution system" (NDS), basé sur la technologie SAP. La SNCB y travaille depuis 2012 et certains de ses appareils (comme le portable utilisé par les accompagnateurs de train) l'utilisent déjà.

"Nous avons pris conscience que la date de livraison du système complet (fixée au quatrième trimestre 2018) n'était pas réalisable. Ce qui signifie un énième retard important pour le projet. Une conversion obligatoire vers la nouvelle version de la technologie SAP provoquerait à nouveau un blocage des évolutions fonctionnelles pendant plusieurs années", indique l'entreprise dans un courriel interne.

Cet échec s'ajoute à l'abandon, à la mi-septembre, du nouveau système de départ des trains (Dice), qui a coûté 11 millions d'euros. La SNCB vient de jeter près de 50 millions d'euros aux orties, calcule donc L'Echo.

Le PS s'inquiète d'une réduction de moyens qui masquerait une future régionalisation

Le parti socialiste s'inquiète de la réduction de moyens qui s'ajoute à une réduction du personnel à la SNCB. S'il n'y avait l'ampleur de la dette, on croirait le gouvernement attaché à la préparation de la privatisation de l'entreprise publique, indique le député Laurent Devin. "Si ce n'est pas la privatisation, c'est donc la régionalisation qui est en marche, preuve en est la nomination récente de cadres néerlandophones", a-t-il ajouté, précisant qu'il interrogera en ce sens l'administratrice-déléguée de la SNCB Sophie Dutordoir mercredi à la Chambre.