Belgique

Le nouveau plan de transport de la SNCB est prêt. L’entreprise ferroviaire entamera la semaine prochaine un tour des provinces du Royaume pour présenter les principaux changements dans l’offre des trains qui verra le jour au mois de décembre. La plus importante des modifications est la suppression de l’ensemble des trains IR, dits semi-directs.

L’information est confirmée par la SNCB. L’offre des trains IC (directs) sera en contrepartie renforcée. Un exemple : il y a un train IR par heure entre La Louvière-Sud et Bruxelles. Il se muera en un train IC, plus rapide. Par conséquent les grandes gares seront généralement mieux desservies aux dépens des petites. Surtout vers Bruxelles aux heures de pointe.

"Le principe du plan de transport est de donner plus de lisibilité dans notre offre aux usagers" , détaille Thierry Ney, le porte-parole de la SNCB. "Nous voulons des horaires cadencés (des trains partant à des heures régulières, par exemple, toutes les heures 37), des horaires plus robustes et une simplification de l’offre des trains." En 2015, le voyageur montera donc à bord, soit d’un direct IC (InterCity, qui ne s’arrête qu’aux gares principales), soit d’un omnibus L (Local, qui fait une halte à chaque arrêt). Les trains P, spécifiques aux heures de pointe, seront globalement moins nombreux. Ce qui semble logique puisque l’offre sera structurellement renforcée à ces moments précis.

"Quand on établit un plan de transport, on se base sur la demande , reprend M. Ney. On se demande d’abord où veulent aller les gens. Ensuite, on regarde le personnel et le matériel à disposition. Enfin, la disponibilité des sillons" (le nombre de trains que l’on peut faire circuler entre deux arrêts; il y a, par exemple, 96 sillons par heure entre Bruxelles-Nord et Bruxelles-Midi). "Le plan de transport actuel date de 1998. Il a été renforcé à plusieurs reprises, mais il est devenu impossible d’augmenter encore l’offre, surtout vers Bruxelles."

Pourtant, la demande est là et "une remise à plat du plan de transport" (dixit la SNCB) est plus que nécessaire. Le nombre de voyageurs a ainsi augmenté de 50 % en une décennie, passant de 140 millions au début des années 2000 à… 223 millions en 2012.

Ajoutez à cela l’arrivée - un jour… - du RER, "l’évolution des bassins urbains" , de nouvelles infrastructures, les travaux en cours et à venir, de nouvelles exigences en matière de sécurité, etc. Sachez aussi que 80 % des usagers prennent le train aux heures de pointe et vous obtenez le plan de transport…

Priorité à Bruxelles

"L’idée a été de réduire les relations en cours de journée, quand les trains, comptages à l’appui, sont carrément vides", afin de renforcer l’offre aux heures de pointe, nous confie une source en interne. Toujours en gardant à l’esprit une priorité : Bruxelles, aux heures de pointe.

A titre d’exemple, des députés se sont émus jeudi dernier de la suppression d’une série de trajets sur la ligne Quévy-Bruxelles. Dans le plan de transport, on peut lire à ce propos que "Quévy restera connecté à Bruxelles avec des liaisons plus rapides pendant les pics. Pendant les heures creuses, une navette sera prévue entre Mons et Quévy toutes les deux heures". Les Hennuyers y trouveront-ils leur compte ? Le ministre des Entreprises publiques Jean-Pascal Labille (PS) peut s’attendre à être longuement interrogé…