Belgique

L'échevine de l'Instruction publique Faouzia Hariche (PS) se défend de tout "cadeau électoral". Et souligne que cette dépense fait partie intégrante du budget global de l'instruction publique de sa commune.

Ce lundi, la Ville de Bruxelles a offert un plumier de couleur rouge aux élèves de première primaire dans le cadre de la rentrée scolaire. Une sorte de "kit de rentrée" composé d'un bic quatre couleurs, une latte, un taille-crayon, une gomme, un tube de colle et d'une paire de ciseaux.

A un peu plus d'un mois du scrutin communal, il n'en fallait pas plus pour que Ecolo et le PTB, dans l'opposition, s'insurgent de cette action menée par la Ville de Bruxelles, en évoquant un "cadeau électoral".

"Cela fait 18 ans que Faouzia Hariche est échevine (PS) de l'instruction publique et c'est la première fois que les enfants reçoivent ce genre de cadeau pour la rentrée", dénonce Zoubida Jellab, conseillère communale Ecolo. "S'il s'agit de l'administration, est-ce que c'est son rôle de faire la campagne de l'échevine? Surtout quand on sait que le directeur général de l'instruction publique est lui aussi membre du PS", poursuit Zoubida Jellab. "Je me pose aussi la question de l'utilité. Pourquoi offrir des fournitures scolaires le 3 septembre, alors que les parents ont déjà acheté tout le matériel nécessaire? Les parents ont-ils été prévenus de ce cadeau?"

Même son de cloche du côté de l'opposition PTB. "Quelques jours avant les élections, voilà que les élèves de 1ère primaire ont tous reçu... un plumier rouge. 18 ans que Hariche (PS) est échevine de l'enseignement. 18 ans que ce kit de rentrée gratuit n'existe pas. Et voilà qu'aujourd'hui, comme par magie électorale, il arrive. Mais madame Hariche, ce n'est pas juste avant les élections que les élèves ont besoin d'un kit de rentrée gratuit, mais tous les ans. L'enseignement est un droit, il devrait être entièrement gratuit", s'est insurgée Mathilde El Bakri.

Contactée, l'échevine de l'Instruction publique Faouzia Hariche (PS) explique que ce plumier a été offert dans une volonté de "participer à la diminution des coûts directs liés à la rentrée scolaire".

"Au lendemain des élections communales de 2012, la Ville de Bruxelles avait coulé dans le marbre sa volonté de réduire au maximum le coût de la rentrée scolaire. Pour ce faire, nous avons développé diverses actions - qui n'ont, elles, suscité aucune polémique - parmi lesquelles l'offre d'un plumier à destination des élèves de première primaire. Nous avons ainsi consacré environ 11 000 euros, si l'on compte le plumier et son contenu, à cette action. Ce coût est prévu dans le budget global de l'Instruction publique de la commune. Le plumier coûte 7 euros et son contenu a été décidé par l'inspection de l'Enseignement fondamental afin de répondre aux besoins des enfants durant l'année scolaire. Ces plumiers ont été distribués par les écoles le jour de la rentrée à quelque 1500 élèves. Sur le plumier, figure le logo de la Ville de Bruxelles mais aucunement mon nom ni ma fonction", explique l'élue socialiste.

Tant le PTB qu'Ecolo se sont étonnés que la Ville décide d'offrir ce cadeau en pleine année électorale, alors que rien n'a été fait durant les années précédentes.

Une affirmation battue en brèche par Faouzia Hariche. "C'est faux, car l'année passée nous avons offert un livre de Jeanne Ashbé, intitulé "La Fourmi et le Loup", aux parents des enfants des crèches, et il y a quelques années, ce sont des tablettes qui ont été mises à disposition des élèves de l'Athénée Léon Lepage. Nous avons aussi offert des services de logopédie pour les enfants qui avaient des difficultés, et nous n'avons reçu aucune réaction négative à l'époque...", déclare l'échevine.

Et la même de fustiger : "Si cela peut rassurer l'opposition, sur les 1500 élèves visés par l'action, 30 % d'entre eux ne vivent pas à Bruxelles-Ville et 20 % sont d'origine étrangère, et donc ne votent pas. Pour les autres, je dirais que c'est une insulte à l'intelligence des parents que de penser que cette opération viserait à les séduire électoralement..."

© D.R.