La Wallonie a aussi ses écoles à facilités

Laurent Gérard Publié le - Mis à jour le

Belgique

Deux établissements, distants de quelques kilomètres à peine. Deux écoles néerlandophones, situées dans des communes à facilités. Les deux seules dans ce cas en territoire wallon.

La première, "De taalkoffer" à Comines, dispense un enseignement maternel et primaire à 32 enfants. La seconde, le "Broeders Maristen Instituut" de Mouscron, offre un enseignement primaire à 81 élèves. Mais alors que la première dépend de la Communauté flamande, la seconde est un établissement de la Communauté française.

Pourtant les deux établissements proposent un programme identique, en flamand, basé sur les "eindtermen" (en français, socles de compétences). Pourquoi, dès lors, n'ont-elles pas le même statut ?

Le cas mouscronnois semble relativement simple, à entendre la directrice de l'école néerlandophone. "Nous sommes dans une commune à facilités. Il est normal que la Communauté française permette aux néerlandophones de Mouscron d'éduquer leurs enfants dans la même langue que la leur", explique Hilde Declerq. C'est donc la Communauté française qui finance et prend en charge l'inspection administrative de l'école (horaires, personnel,...) tandis que la Communauté flamande s'occupe de l'inspection pédagogique, vu que les programmes de cours sont ceux de la Communauté flamande. "Je ne vois pas comment je pourrais le faire, justifie Jean-Luc Grillet, l'inspecteur de la Communauté française en charge de la zone. Je ne suis pas suffisamment bilingue pour vérifier les programmes en néerlandais." Limpide.

Inspection francophone

Dans cet établissement mouscronnois, c'est donc la situation inverse de celle qui prévaut à l'heure actuelle dans les écoles francophones de la périphérie bruxelloise, financées et gérées administrativement par la Flandre mais inspectées pédagogiquement par la Communauté française. Plus pour longtemps toutefois, étant donné le vote intervenu le 13 décembre dernier au Parlement flamand, qui vise à confier également l'inspection pédagogique à la Flandre.

La Communauté française envisagerait-elle de prendre des mesures de rétorsion à l'égard de la Flandre, en mettant la main sur l'inspection pédagogique du "Breoders Maristen Instituut" ? Que du contraire. Marie Arena (PS) n'entend pas, dans la situation actuelle, mettre d'huile sur le feu.

Du changement à Comines ?

A Comines, la situation est tout autre. Au début des années 80, un groupe de parents a introduit une demande pour l'ouverture d'une école néerlandophone. Demande refusée par la Communauté française, en raison du nombre insuffisant de demandeurs. "Ils devaient être seize familles au moins, toutes domiciliées sur le territoire de la commune", explique le cabinet de la ministre de l'Enseignement. La Flandre a donc pris à sa charge la création de cette école et la finance depuis entièrement. C'est donc l'administration flamande qui inspecte l'école "De taalkoffer".

La situation pourrait toutefois évoluer. Nous avons appris qu'une nouvelle demande avait été introduite, début décembre, à la commune de Comines. "En cette période budgétaire, nous n'avons pas encore pu examiner en profondeur le dossier, explique l'administration communale. Mais nous avons transféré le dossier au cabinet de la ministre ainsi qu'à l'administration de l'enseignement." Le cabinet Arena confirme qu'une nouvelle demande vient d'arriver et qu'elle va être analysée. Est-elle valable ? Est-elle faite par un nombre suffisant de parents, comme le veulent les lois sur le régime linguistique de l'enseignement ? Il est encore trop tôt pour pouvoir apporter une réponse claire à ces deux questions. Mais à écouter ce qui se raconte de l'autre côté de la frontière linguistique, cette requête pourrait bien être la bonne. Et si tel était le cas, "la Communauté française subsidiera cette école", nous dit-on chez Marie Arena. Son homologue flamand, Franck Vandenbroucke (SP.A), voit cette option d'un très bon oeil. Affaire à suivre, donc.

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