Belgique

Julie et Mélissa sont mortes de faim et de soif. Tous les experts sont formels. Mais la date exacte du décès n'est pas connue, a déclaré le juge d'instruction Jacques Langlois.

Au cours de l'instruction, Marc Dutroux a affirmé que les petites filles étaient toujours vivantes lors de sa sortie de prison, le 20 mars 1996. Il a expliqué qu'elles se trouvaient dans la cache, couchées sur le sol, au milieu d'excréments. Il a qualifié la situation de «catastrophique ». Il a déclaré que Julie était décédée dans la soirée du 20 mars, et Mélissa le 24 mars au matin, après qu'il eut essayé de la réanimer en lui donnant des vitamines et des fortifiants et en lui injectant de l'eau bouillante sous la peau pour la réhydrater. Ces «tentatives malheureuses » pour réanimer et réhydrater l'enfant ont précipité son décès, a estimé un expert nutritionniste.

Les cadavres des deux victimes ont été placés, ficelés, dans des sacs poubelles puis dans le congélateur. Ils ont été enfouis dans la propriété de Michelle Martin à Sars-la-Buissière le 27 mars. Marc Dutroux a creusé un trou à l'aide d'une excavatrice.

Ces déclarations, lues à l'audience par Jacques Langlois, sont celles de Marc Dutroux mais aussi de Michelle Martin. Celle-ci a raconté les aveux de Dutroux concernant la découverte des petites filles mourantes et a expliqué comment les corps ont été transportés à Sars-la-Buissière en sa présence.

Si lors de son interrogatoire devant la cour d'assises Marc Dutroux a déclaré qu'il avait menti et que les fillettes étaient déjà mortes lors de sa sortie de prison le 20 mars, rien ne permet pourtant d'affirmer, selon Jacques Langlois, qu'il ait menti précédemment. Et il se base sur cela sur les déclarations des experts, qu'il confronte à celles des «deux accusés principaux ».

Les médecins ont confirmé que Julie et Mélissa étaient mortes de faim et de soif. Les corps de ces deux enfants de 8 ans pesaient encore environ 16 kilos lors de leur découverte. D'importantes escarres témoignaient de leur «grabatarisme prolongé » et de leur «longue agonie ». Si aucune trace d'insecte nécrophage ne permet de dater précisément le décès, les experts estiment qu'il est plausible qu'elles soient décédées 5 mois avant la découverte de leur corps (le 17 août 1996, NDlR). «Les conclusions des différentes expertises ne permettent donc pas de contredire les déclarations de Marc Dutroux et de Michelle Martin concernant les circonstances du décès », a conclu le juge Langlois.

Le témoin s'est également penché sur les sévices sexuels dont les petites filles auraient été victimes. Selon les experts, Mélissa aurait été violée à au moins une reprise, tandis qu'un doute subsiste concernant Julie. Cette dernière aurait cependant pu avoir été victime d'au moins une «pénétration limitée ».

Lors de son audition, le juge Langlois a également fait état des perquisitions des 13 et 19 décembre 1995, au cours desquelles tant le gendarme Michaux que le serrurier ont entendu des voix d'enfants dans la cave de la maison de Marcinelle. Il a souligné que le serrurier, qui s'était dit être «perplexe » par ce qu'il avait vécu, avait fait état de «gamines qui parlaient à voix basse, sans que ce ne soient des gémissements ou des appels à l'aide ». Il a rappelé que les voix s'étaient tues quand le gendarme Michaux avait réclamé le silence à ses enquêteurs.