Belgique

A l’exception d’un ultime débat dimanche midi à la VRT, le soufflé autour des aventures diplomatico-commerciales du prince Laurent devrait retomber ce week-end mais la fièvre pourrait singulièrement remonter au Parlement. Comme prévu, le Premier ministre et le Prince - que flanquait, fait inédit dans ce genre de rencontre, la princesse Claire - se sont rencontrés pendant deux heures et demies vendredi dans la maison privée d’un mandataire CD&V de la périphérie, loin des caméras et des objectifs pour fixer ensemble les balises des activités princières non directement liées au Palais qui seraient désormais autorisées au fils cadet du Roi.

Dans le microcosme de la rue de la Loi, on disait vendredi midi après le conseil des ministres qu’il ne pouvait être question d’organiser "une chasse à l’homme" contre le Prince : aussi, la rencontre ne s’est déroulée ni au 16, rue de la Loi ni au Lambermont où campaient moult équipes de télé et photographes de presse. Signalé au Lambermont, le Premier ministre a même discrètement filé à l’anglaise.

En fin d’après-midi, interrogé par Belga, Me Legros précisait qu’un texte avait été mis au point avec Yves Leterme. L’ancien bâtonnier ajoutait que le Prince enverrait dans les prochaines heures au Premier ministre une "lettre personnelle" reprenant les termes de l’accord intervenu vendredi en vue d’éviter que pareils événements se reproduisent. Selon l’avocat, cet accord "fixe les relations futures pour tous les membres de la famille royale". Face à "cette solution d’apaisement général" , Pierre Legros n’a pas souhaité en dire davantage "par respect pour le Parlement".

De son côté, le Premier ministre a confirmé dans un communiqué avoir reçu le prince Laurent. Comme prévu le chef du gouvernement a aussi informé par téléphone le président de la Chambre et le président du Sénat du déroulement de la discussion et des décisions qui en découlent, mais il les rencontrera plus longuement ce lundi . Et mercredi prochain, à 10h, il en fera part à la commission de l’Intérieur à la Chambre qui aura ensuite un échange de vues. Le cabinet du Premier n’en a pas dit davantage.

Selon nos informations, l’accord intervenu n’est pas un contrat mais plutôt une série de règles - un cadre, en quelque sorte - qui s’appliqueront au prince Laurent et pour quelques paragraphes par extension aux autres membres de la famille royale.

L’une de ces règles est que les missions à l’étranger devront avoir l’aval formel du gouvernement et des présidents de la Chambre et du Sénat. En cas de situation conflictuelle, on consulterait "des sages", en l’occurrence les anciens présidents desdites assemblées fédérales. De même les voyages à caractère commercial seraient soumis à des règles de base assez générales et soigneusement préparées par le gouvernement.

Des dispositions générales auxquelles le fils cadet d’Albert II n’aurait d’autre choix que de se conformer sous peine de perdre sa dotation.

Lors de la réunion entre le Premier et le Prince, il apparaît qu’il a aussi été question du volet financier des activités princières. L’on sait qu’à la RTBF et à la Chambre, Jean-Marie Dedecker avait vivement critiqué le fonctionnement de la Grect, la plus récente association mise sur pied par le Prince qui a son siège à la rue d’Arlon à Bruxelles. Sera-ce suffisant pour apaiser les esprits ? Peut-être du côté de la Villa Clémentine, mais la N-VA pourrait émettre de sérieuses réserves sur le compromis, estimant qu’il ne sanctionne pas assez le prince. La suppression de la dotation pourrait donc remonter encore à la surface