Belgique investigation

L’affaire, comme dirait Jacques Chirac, a donc fait pschitt Les contacts que le prince Laurent a eus avec l’un ou l’autre délégué de l’ambassade d’Angola à Bruxelles ne sont en rien contraires au code de bonne conduite qu’il doit respecter. Laurent peut respirer et conserver sa dotation.

Rappel. Il y a quelques jours, le journal "De Morgen" croyait pouvoir affirmer que le prince Laurent, fils cadet du Roi, avait eu des contacts à Bruxelles avec des diplomates angolais. Motif de ces entretiens : le Prince aurait proposé à ce pays une offre globale en matière d’énergie renouvelable pour Luanda, la capitale de l’Angola. Pourquoi cette démarche ? Après le discours prononcé il y a quelques mois par Laurent au sommet de Rio, il aurait été approché par plusieurs représentants de pays, africains et autres, qui, séduits par ses idées et ses visions à long terme du "renouvelable" auraient envisagé de poursuivre des collaborations avec lui. Certains Angolais, basés à Bruxelles, auraient donc, toujours selon "De Morgen", cherché à en savoir davantage. Et cela sans que le gouvernement belge n’en ait été informé.

Tollé immédiat. Car après des escapades secrètes en 2011 au Congo et en Angola, et des contacts avec des représentants des rebelles libyens à Bruxelles, le prince Laurent avait été rappelé à l’ordre par le Premier ministre de l’époque, Yves Leterme. Après ces rodomontades, le fils du Roi s’était donc engagé, dans un très long "code de conduite", à consulter préalablement le ministre des Affaires étrangères sur ses contacts à l’étranger ou en Belgique et sur les projets de sa Fondation, le Grect. Le prince Laurent avait ainsi signé un document officiel dans lequel il promettait d’informer le gouvernement de ses activités, sous peine de perdre sa dotation. Et tout projet du Grect devait recevoir l’aval des services du Premier ministre. Le texte du code de bonne conduite disait notamment : "Je m’engage, pour tout déplacement à l’étranger qui implique des contacts avec des personnalités politiques ou qui comporte une perspective de projet de développement avec d’autres partenaires, à consulter préalablement le ministre des Affaires étrangères sur le contenu et l’opportunité d’un tel déplacement, et à suivre scrupuleusement l’avis qui m’est donné."

Après les informations du "Morgen", le Premier ministre, Elio Di Rupo, avait donc demandé au ministre des Affaires étrangères d’enquêter. Dans un premier avis, Didier Reynders avait déclaré qu’à son estime, Laurent n’avait pas franchi la ligne rouge. Ce qui avait suscité la colère de Bart De Wever. Reconnaissant qu’il n’avait pas les preuves de contacts non autorisés, le leader nationaliste avait toutefois affirmé, dimanche, sur le plateau du "Zevendag Dag" (VRT) : "Je passe moi aussi des coups de fil et on me dit des choses tout à fait différentes". A ses yeux, la dotation accordée à Laurent aurait déjà dû être supprimée depuis belle lurette

Didier Reynders vient de clôturer son enquête au sujet de Laurent. Il n’a, a-t-il déclaré, trouvé aucune indication que le prince Laurent ait eu des contacts contraires à l’accord conclu avec le gouvernement. Didier Reynders a fait part de ses conclusions dans une lettre adressée à Elio Di Rupo ainsi qu’au Prince avec lequel il s’est entretenu à deux reprises. Pour mener son enquête à bien, le ministre des Affaires étrangères a pris ses renseignements auprès de l’ambassade de Belgique en Angola et auprès de l’ambassade d’Angola à Bruxelles. Pour lui, l’affaire est donc classée.

Commentant cette enquête, Didier Reynders a estimé que les "insinuations" de Bart De Wever concernant Laurent n’étaient que du "populisme" : "J’ai entendu le bourgmestre d’une très grande ville dire qu’il était certain (que Laurent avait eu des contacts) et que ce que je faisais était insuffisant. J’ai procédé à toutes les vérifications, mais je demande à tous les bourgmestres du pays de m’envoyer l’information à moi, et pas à "Zevende Dag" ou au journal dominical. Si quelqu’un dispose de preuves, qu’il me les fournisse. Je prendrai mes responsabilités sur la base de faits. J’ai beaucoup de respect pour les partis, mais ceci est du populisme. Un politique doit disposer de faits".