Belgique

Mercredi sur le plateau de "Ter Zake" à la VRT, Luc Van der Kelen du "Laatste Nieuws" ne trouvait rien à redire au sensationnalisme de la série d'articles sur le prince Laurent inspirés par les confidences du colonel Noël Vaessen, un des principaux inculpés du procès d'Hasselt. Question de point de vue au-delà et en deçà de la frontière linguistique ? Sans doute car si les deux premiers articles rassemblaient des anecdotes qui pourraient prêter à rire si la situation n'était pas tragique, les ultimes révélations relevaient plus du contenu des pires tabloïds que d'un grand journal populaire ouvert à toutes les couches de la société. Bigre, le prince Laurent y apparaît comme un Casanova qui n'aurait été ramené à de meilleurs sentiments que par l'intervention du Père Guy Gilbert. Ce qu'aurait ardemment souhaité la reine Paola.

On en restera volontairement là car pas plus que les deux premiers articles, le dernier de la série ne fait vraiment de lien avec ce qui sera bientôt discuté au tribunal correctionnel de Hasselt. A une exception près mais elle n'est pas neuve : le colonel Vaessen persiste à répéter que le Prince était bel et bien au courant des détournements !

Cela dit, les juristes sont encore loins d'être unanimes sur le fait de savoir si le prince Laurent pourrait être appelé comme témoin à la barre dans la capitale du Limbourg. S'il faut en croire l'article 510 du code de procédure pénale, "les princes ou les princesses de sang royal ne peuvent jamais être cités comme témoin à moins que le Roi n'autorise cet acte". L'article pourrait surprendre plus de deux siècles après la révolution française mais en l'espèce, il remonte ici selon les spécialistes à la période de Napoléon.

Selon la presse flamande, seul le premier président de la Cour d'appel pourrait entendre le Prince comme témoin mais pas nécessairement en public. De toute façon, à ce jour, le parquet de Hasselt n'a jamais eu l'intention d'interroger le Prince.

Lors du procès Allard, l'on s'était déjà demandé si l'on pourrait faire citer le prince Charles qui avait été la victime d'un mauvais conseilleur...

© La Libre Belgique 2006