Belgique

Rideau sur la 51e législature. L'ultime vote du cru 2003-2007 est tombé vendredi au Sénat, sur le coup de 12h26. Comme ça se trouve, dans l'ordre des numéros de la Constitution qu'il s'agissait de déclarer potentiellement révisables, il s'agissait de se déterminer sur l'article 195 - sur le fond le plus important, politiquement le plus piquant en nourrissant un agacement entre PS et MR.

C'est plus largement que prévu (et qu'en 2003) que le dispositif sur la procédure même de révision a été déclaré révisable, par 31 voix (de la majorité dont 2 MR ou apparenté : Brotchi et Paque) contre 22 (l'opposition et le PS Jean-Marie Happart), moyennant 8 abstentions (la présidente Lizin et quasi tout le MR).

Il fallut s'y reprendre à deux fois. Les MR avaient fait pression sur Anne-Marie Lizin (PS) en signifiant qu'ils voteraient comme elle; elle prit soin en riposte, n'empêche une dernière suspension de séance, de ne pas faire part de ses intentions. De sorte que, une première fois, les réformateurs n'ont pas eu le temps de voter. Qu'importe d'ailleurs : les 2 "pour" inattendus sur les bancs MR et la répartition des absents font que le 195 eût été déclaré révisable même si les Lizin et MR s'y étaient opposés. A une voix près. Comme en 2003.

Aucun souci pour le reste, y compris les articles relatifs à la réforme du bicaméralisme auxquels les sénateurs ont plus de raisons d'être attentifs que les députés. Les majoritaires ont donc épousé la copie gouvernementale (à quelques exceptions près chez M. Happart); Ecolo a fait de même sauf pour s'opposer au 195 (contrairement à 2003); l'opposition a voté contre ou s'est abstenue selon les cas, sauf le CDH qui a voté contre tout.

Le débat, jusque 2h du matin, avait confirmé les positions connues de longue date - depuis 4 ans, en fait. Les justifications de vote, de même. A Francis Delpérée (CDH) refusant décidément d'"ouvrir la boîte de Pandore constitutionnelle", Christine Defraigne (MR) reprochait une "sorte d'autisme"... Tandis que Patrik Vankrunkelsven (Open VLD), comme Geert Lambert (Spirit) à la Chambre mercredi, n'hésitait pas à lier directement la déclaration de réviser le 195 à la possibilité "si nécessaire" (sic) de modifier la fonction royale.

Hier après-midi, le précédent président du Sénat, Armand De Decker (MR), a publiquement reproché à Mme Lizin de ne pas avoir, comme lui en 2003, voté contre la faculté de réviser le 195. Or, il venait en gouvernement d'approuver la liste. Oui mais, se défend le ministre de la Coopération, "chacun doit agir selon ses responsabilités. Je n'avais pas le choix, dans le cadre de la solidarité gouvernementale".

© La Libre Belgique 2007