Belgique

Le 20 mars 2015, la salle des pas perdus du palais de justice de Bruxelles était noire de monde. Tout l’appareil judiciaire s’était mobilisé pour protester contre ce qu’avocats, greffiers, magistrats, etc considéraient comme des menaces pour la justice.

Des menaces émanant du gouvernement fédéral, soucieux de réaliser des économies et de prendre des mesures que les acteurs du monde judiciaires considéraient comme excessives et dangereuses. Une telle mobilisation a été qualifiée d’historique car elle était le fait de tous les niveaux de la hiérarchie, la discrète Cour de cassation comprise.

On s’apprête à connaître une réédition de l’événement. De nombreuses instances fourbissent, en effet, leurs armes afin de remonter au créneau, les mêmes causes produisant, selon elles, les mêmes effets.

Le 20 mars 2018, à 15 heures, aura donc lieu, sur les marches du palais de justice de Bruxelles, un rassemblement destiné à attirer “l’attention de l’ensemble de la société civile et du monde politique sur l’aggravation des dysfonctionnements du service livré au justiciable et les menaces qui pèsent sur notre démocratie”, explique Manuela Cadelli, présidente de l’Association syndicale des magistrats (ASM).

Il s’agira aussi de soutenir le plan pour une gestion autonome des cours et tribunaux et du ministère public.

Des cercles étudiants et des associations comme la Plate-forme de lutte contre la pauvreté ont également marqué de l’intérêt pour l’événement, histoire de démontrer qu’il n’y a pas que les professions judiciaires pour s’inquiéter de l’état de la justice.

De con côté, l’Union professionnelle de la magistrature doit encore réfléchir aux modalités de son éventuelle participation. Un conseil d’administration doit se réunir cette semaine pour prendre position et définir un cahier de revendications.

A la rencontre des citoyens

A côté de ce rassemblement, l’ASM a décidé de lancer un programme intitulé “Parlons justice !” A partir du 10 mars et jusque fin mai, des professionnels de la justice interviendront devant des parterres de citoyens autour de thèmes concrets. Il sera question de l’avenir du juge d’instruction, du service public de la justice, de l’accès à celle-ci, de la lutte contre la délinquance financière, etc.

De grands noms ont été approchés, comme Françoise Tulkens, ancienne juge belge à la Cour européenne des droits de l’homme, Paul Martens, ancien président de la Cour constitutionnelle, le Premier président de la Cour de cassation, Jean de Codt, des bâtonniers, d’éminents représentants du ministère public, ou des juges d’instruction, comme Michel Claise et Me Jean-Pierre Buyle, président de l’Ordre des barreaux francophones et germanophones.

Ces exposés, suivis d’un débat avec le public auront lieu, entre 18h30 et 20h, dans des palais de justice, des auditoires, des librairies ou des centres culturels, selon un programme à définir.