Belgique Avant de se faire sauter à Zaventem, El Bakraoui et Laachraoui avaient dit à leur commanditaire syrien que d’autres qu’eux étaient prêts à collaborer. Car les terroristes disposaient encore d’un arsenal d’armes.

Explique-lui qu’un frère va le contacter" : c’est par ces mots qu’Ibrahim El Bakraoui, un des deux kamikazes du 22 mars à Zaventem, signale au deuxième, Najim Laachraoui, qu’il doit prévenir Abou Ahmed, leur émir en Syrie, que des hommes sont prêts à prendre le relais après leur attentat et que, vraisemblablement, l’un contactera Abou Ahmed d’ici peu.

Le but des deux kamikazes, qui se feront exploser quelques heures plus tard, est de permettre que des hommes, qui seraient envoyés de Syrie, puissent prendre contact avec les derniers logisticiens importants à Bruxelles, lesquels pourraient leur fournir les armes dont disposent toujours les membres des commandos de Bruxelles.

Nous sommes alors le 21 mars 2016. Les policiers, qui ont travaillé sans relâche depuis des mois, sont sur la trace des terroristes.

Six jours plus tôt, Mohamed Belkaïd a été tué dans l’appartement de Forest où il s’était retranché. Salah Abdeslam et un complice ont réussi à s’enfuir sans gloire mais seront capturés le 18 mars à Molenbeek. Les visages des deux frères El Bakraoui ont été publiés dans la presse. Terrés dans leurs deux dernières planques, rue Max Roos à Schaerbeek et avenue des Casernes à Etterbeek, ils ont décidé de frapper à Zaventem et dans le métro, plutôt que de risquer d’être capturés avant une action de plus grande ampleur, sans doute lors de l’Euro de football organisé en France en juin 2016.


Enregistrement radio

C’est ce que Najim Laachraoui et Ibrahim El Bakraoui disent aussi dans un enregistrement audio, long d’une dizaine de minutes, adressé à leur contact en Syrie. "La Libre Belgique" a pu prendre connaissance de la teneur de cet enregistrement.

En vérité, ils vont frapper avec les seuls explosifs - le TATP confectionné rue Max Roos. Ils n’utiliseront, donc pas les armes de guerre qu’ils ont toujours et qui ont été cachées. Un an plus tard, ces armes, dont l’existence est attestée par des photos montrant les kamikazes posant à côté d’elles, rue Max Roos, sous un drapeau de l’Etat islamique, n’ont toujours pas été retrouvées.

Mais leur existence incite El Bakraoui et Laachraoui à passer le relais à d’autres djihadistes. "La Libre" a appris que les enquêteurs pourraient bien avoir identifié l’homme qui devait les faire réapparaître, si nécessaire.

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