Belgique

Trois étudiants belges ont été inculpés de traitements inhumains lors du bizutage en septembre dernier d'une étudiante française, tombée dans le coma après avoir été contrainte d'ingurgiter dix litres d'eau, indiquent mardi les médias locaux.

La décision a été prise fin juin par le juge d'instruction de Marche, près de Namur, mais n'a été révélée que mardi.

Fanny, une étudiante de Saint-Etienne (centre de la France) inscrite à la faculté vétérinaire de l'Université de Liège, avait été victime le 22 septembre d'un oedème cérébral causé par l'absorption rapide de plusieurs litres d'eau à l'occasion d'une activité préparant son "baptême". La jeune fille était sortie du coma deux jours plus tard. Ses parent avaient porté plainte et le Procureur Général de Liège, Christian De Valkeneer, avait annoncé son intention de suivre personnellement le dossier. "Il y a une ligne rouge à ne pas franchir", avait-il averti.

Ancrés dans la tradition des universités belges, les "baptêmes" sont une forme de bizutage à l'origine de plusieurs accidents et sont pour cette raison controversés. Ils sont autorisés en Belgique et interdits en France.

Les trois jeunes gens mis en examen sont les deux parrains et la marraine de baptême de la jeune fille. Deux d'entre eux sont mis en cause pour traitements dégradants après l'avoir obligée à manger des aliments pour chiens. Tous les trois sont inculpés de traitements inhumains pour l'avoir forcée à boire plusieurs litres d'eau, ainsi que de coups et blessures involontaires.

Ils risquent entre 8 jours et 10 ans de prison pour ces faits. Cette affaire devrait être renvoyée devant le tribunal correctionnel à la rentrée.