Belgique

Le premier parti de Flandre, c'est désormais le Vlaams Blok. C'est indéniablement le principal résultat de notre baromètre d'automne dans le nord du pays, celui qui devrait s'avérer le plus lourd de conséquences si un jour le même résultat devait sortir des urnes.

Avec 24,3pc d'intentions de vote, le Blok dépasse le cartel CD&V/N-VA d'une très courte tête. Encore faut-il peut-être tenir compte d'une sous-estimation chronique du vote extrême dans les sondages. A moins que le Flamand moyen, de plus en plus décomplexé, annonce désormais directement la couleur. En termes de sièges, le Blok est déjà devenu le premier parti du Parlement flamand le 13 juin dernier avec 32 députés. Toutefois, avec les 29 sièges du CD&V et les 6 de la N-VA additionnés, le «cartel flamand» constitue actuellement le premier groupe de l'assemblée régionale flamande.

En fait, à peu de choses près, le Blok réédite son score des régionales de juin. La vraie surprise, c'est plutôt la chute sévère de l'ex-cartel d'opposition, quelques semaines à peine après la mise en place des gouvernements régionaux: 3,2pc par rapport à notre dernier sondage, 1,9pc par rapport aux régionales et même 1,6pc par rapport aux résultats des législatives de mai 2003, jugées suffisamment décevantes par le président de l'époque Stefaan De Clerck, pour qu'il jette l'éponge un mois plus tard. La note semble salée et on se demande ce que l'électeur peut bien vouloir faire payer aux démocrates chrétiens.

Ce résultat pourrait être une nouvelle manifestation d'anti-politique et porter la marque de l'inexorable progression du Blok. Contrairement aux autres exécutifs, le gouvernement flamand, soutenu par la totalité des partis flamands excepté Groen! et le Blok, semble ne bénéficier d'aucun état de grâce, c'est le moins que l'on puisse dire : 21pc de confiants contre 36pc de sceptiques. Un certain nombre d'électeurs de la N-VA pourrait ainsi avoir été tenté par un vote Vlaams Blok. Le seul ministre du cartel «flamand» dont la popularité régresse est aussi le seul qui soit issu de la N-VA: Geert Bourgeois (cf. infra).

Pour le reste, le SP.A et Spirit reprennent une bonne partie du terrain perdu lors des régionales (+1,6pc) et la chute de popularité du VLD semble enrayée, mais il se trouvera peu de libéraux pour se satisfaire d'une quatrième place.

Quant à Groen!, il confirme sa résurrection de juin: les 7,7pc dont les écologistes flamands sont crédités représentent le double de leur score aux législatives de 2003. Si l'on devait voter aujourd'hui, ils referaient leur entrée à la Chambre mais les autres partis, eux, ont moins de raisons que jamais de souhaiter des élections.

Les cartes sont de plus en plus difficiles au nord du pays. Quatre partis avec, chacun, entre 20 et 25pc d'intentions de vote et le Vlaams Blok en tête de peloton: la Flandre n'est pas près d'en avoir fini avec les tripartites.

© La Libre Belgique 2004