Belgique

Les présidents passent… mais le bouddhisme n’est toujours pas reconnu officiellement par l’Etat belge. Précision utile : non pas comme religion mais comme philosophie non confessionnelle. Les bouddhistes d’ici risquent d’autant plus d’en perdre leur "zenitude" que cela fait bientôt six ans qu’ils se voient accorder en bonne et due forme par une loi du 24 juillet 2008 une dotation annuelle de 150 000 euros pour installer leurs instances reconnues !

C’est ce qui amène le nouveau président de l’UBB, Carlo Luyckx, élu lors de l’assemblée générale du 23 mars 2014, à interpeller le monde politique.

Plus de cent mille "pratiquants"

L’UBB, entendez : l’Union bouddhique belge est l’organe regroupant les associations appartenant aux différentes traditions bouddhiques actives en Belgique mais c’est surtout l’interlocuteur officiel du gouvernement dans la préparation de la reconnaissance du bouddhisme. Le nouveau président a d’emblée été chargé de poursuivre les efforts entrepris dans le cadre de cette reconnaissance et de favoriser une présence bouddhiste dans le débat sociétal.

"Il s’imposait pour l’UBB de se manifester à la veille des élections fédérales et régionales. Aujourd’hui, notre Union représente en Belgique plus de cent mille pratiquants et sympathisants bouddhistes. De quoi se rappeler au bon souvenir des décideurs politiques"…

L’UBB a dès lors adressé une lettre aux membres du gouvernement fédéral mais aussi aux membres concernés des gouvernements régionaux et communautaires ainsi que des assemblées parlementaires pour attirer leur attention sur le fait que le bouddhisme reste désespérément en rade.

"De nombreuses associations membres espéraient forcément le vote sous l’actuelle législature d’une loi portant reconnaissance du bouddhisme sur la base de l’article 181 par. 2 de la Constitution. La décision politique n’a pas suivi."

Une décision après les élections

Une option officielle prise non pas parce que l’Etat bloquerait la reconnaissance mais parce qu’on a perçu tous azimuts une volonté de lancer sous la prochaine législature une révision en profondeur des mécanismes de financement des cultes et organisations philosophiques non confessionnelles. "C’est pourquoi dans son courrier aux décideurs politiques, l’UBB rappelle son souhait d’être associée aux travaux de réflexion et aux consultations qui conduiront à la réforme projetée. Mais si d’aventure, le programme du prochain gouvernement ne devait pas prévoir dans ses priorités cette révision des mécanismes de financement, nous demandons avec insistance que dès l’installation du nouveau gouverne ment, la négociation du projet de loi portant reconnaissance du bouddhisme puisse reprendre et que le nouveau projet soit soumis sans tarder au vote du Parlement."

Il ne serait en effet pas normal que la reconnaissance de facto découlant de l’adoption de la loi du 24 juillet 2008 précitée ne puisse sortir pleinement ses effets et que le bouddhisme ne soit pas rapidement mis sur le même pied que les autres convictions reconnues en Belgique.