Belgique La commission d’enquête sur le scandale Publifin a entendu jeudi six administrateurs.

L’audition de six administrateurs de Publifin, également membres des différents comités de secteur de l’intercommunale, jeudi, par la commission d’enquête chargée d’examiner la transparence et le fonctionnement du groupe liégeois, a étalé au grand jour la vacuité de ces comités et l’inutilité de ces administrateurs.

Au terme de cette longue journée d’interrogatoire par les députés wallons, se dégage, davantage encore qu’auparavant, l’impression d’avoir affaire à des administrateurs fantoches et très peu réactifs (euphémisme).

Pas vérifié ses extraits de comptes

Premier auditionné, André Stein, conseiller provincial MR, a admis que "partout, le rôle d’administrateur est important, pour décider des stratégies, faire des propositions, etc. Pour le CA (de Publifin), c’est différent : cette intercommunale n’est plus chargée des compétences d’une intercommunale, c’est une entreprise commerciale et industrielle. La stratégie n’y appartient pas au CA, mais au comité exécutif et aux experts. Juridiquement, le CA peut tout bloquer. Mais dans le contexte, c’était impensable." A propos des rémunérations - mirobolantes pour des prestations inexistantes -, André Stein, par ailleurs président de la Fédération belge de tennis, a eu ce propos stupéfiant : "Je ne vérifiais pas mes extraits de comptes."

Ses successeurs ont délivré des messages du même tonneau. "Les administrateurs étaient dépossédés du vrai pouvoir opérationnel", a confié le conseiller communal de Crisnée Raphaël Amieva Acebo (CDH). Quant aux 67 000 euros perçus en comité de secteur, il ne les a pas vus comme le prix du silence payé par Nethys. "Si je ne suis pas parti plus tôt, ce n’est pas pour l’argent, mais par pression sociale : j’aurais dû faire une croix sur la politique."

Maxime Bourlet (MR), président du CPAS d’Awans, a pour sa part admis une "grosse erreur d’appréciation" : "Je n’ai pas à suffisance mesuré que, pris isolément, le fonctionnement des comités de secteur posait un réel problème de gouvernance." Et les rémunérations ? M. Bourlet a "toujours pensé qu’elles étaient légales parce que cela nous a été présenté comme entrant dans le cadre du décret wallon sur la rémunération des intercommunales". Une interprétation erronée, a rappelé le député wallon Stéphane Hazée (Ecolo).

Sur cette même question de la rémunération au comité de secteur, la conseillère provinciale Marie-Noëlle Mottard (MR) a sidéré l’assemblée en jugeant qu’elle couvrait aussi son engagement au CA de Publifin et qu’elle ne l’avait "pas volée".

Héritage du passé

La députée provinciale Vinciane Pirmolin (CDH), plus assidue aux réunions de comité de secteur, a tenu le même raisonnement mais a admis qu’ "on aurait pu être plus proactif".

Dernier à être entendu, l’échevin de Seraing Eric Vanbrabant (PS) a rejeté la responsabilité sur ses prédécesseurs. "Avec le recul, je crois que le jeton de présence aurait été plus judicieux, mais on a hérité du passé, et je ne me suis pas inquiété de ce que cette rémunération était bien en lien avec ce qui était fait."

C’est sur cet énième aveu d’inaction que la commission a mis un terme à sa séance de jeudi. Elle reprendra ses travaux le 13 avril. Et le lendemain, elle entendra, pour la troisième fois, le président de Publifin et de Nethys, André Gilles (PS).