Belgique

Françoise Bertieaux, chef de file MR au parlement de la Communauté française, réagit à la sortie de la ministre de l’Enseignement Marie-Martine Schyns (CDH) dans "La Libre".

Votre président Charles Michel plaide pour la suppression du décret Inscription. Une volonté que vous partagez ?  

En ce qui concerne la suppression du décret, nous sommes clairs et fermes là-dessus depuis l’automne 2012. Le décret n’est pas amendable tant il est complexe. Charles Michel a confirmé - et c’est gratifiant - ce que nous demandons depuis un an sur le plan parlementaire : il faut abroger le décret.  

Mme Schyns promet que le décret sera amélioré pour assurer une rentrée scolaire 2014 "sereine".  

Non, non, pour que Mme Schyns et son parti aient une campagne électorale sereine. Ça  c’est la vérité. 

Pourquoi le décret ne peut-il être amélioré ?  

Parce qu’après l’arrêt de la Cour constitutionnelle et les complications qui y ont été introduites, et le fait qu’ils ont trituré, torturé la demande, c’est-à-dire les parents, ils n’ont absolument rien fait sur l’offre scolaire, c’est-à-dire le nombre d’écoles dans le nord de Bruxelles, et l’amélioration de l’image d’un certain nombre d’établissements.  

Le CDH compte proposer des aménagements pour accroître le nombre de places d’écoles.  

J’essaie d’être toujours modérée dans mes propos, mais là, le CDH s’égare, voire radote. Mme Simonet a toujours dit : "Il reste des places", soit, à la grosse louche, 1 500 places pour 500 élèves sans école. Maintenant, le nouveau discours de la nouvelle ministre, c’est qu’il y a un manque de places. Mais non ! Les 1 500 places de Mme Simonet n’ont pas disparu pendant l’été. Mme Schyns amalgame totalement le manque de places effectif et réel dans le maternel et le primaire - dû au boom démographique à Bruxelles - alors que, dans le secondaire, l’effet de la croissance démographique, Dieu merci !, n’est pas encore arrivé. Donc, pour le moment, dans le secondaire, il y a plus de places que d’élèves potentiels. Aller faire une soupe sur un manque de places d’écoles, c’est donc se moquer des gens et mentir.  

Si on supprime le décret, quel dispositif proposez-vous ?  

On revient au décret Missions. Il contient deux notions importantes, mais qui sont devenues inapplicables à cause du décret Inscription. Il s’agit 1° de la notion de projet pédagogique et 2° de la notion de continuum pédagogique.  

Vous retournez donc à un système d’inscriptions libres ?  

Oui, mais nous y mettons des balises… … 

Car il y a eu des abus par le passé.  

Il suffit de mettre deux lignes dans le décret Missions qui renversent la charge de la preuve. Avant 2007, un parent qui avait l’impression que son enfant avait été injustement refusé dans une école n’avait aucun recours. C’était le pot de terre contre le port de fer. Or, si on avait obligé que tout refus d’inscription soit motivé par écrit par les directions, cela aurait mis fin aux abus, avec éventuellement la mise en place d’une instance de recours.  

Vous parliez de balises…  

Comme on a créé une psychose autour des inscriptions, on ne peut revenir au décret Missions sans balises. Donc balisons, notamment en phasant les inscriptions. Les prioritaires (fratrie, besoins spécifiques, …), bien sûr, restent. On ajoute la priorité des partenariats pédagogiques (pas l’adossement) entre écoles, mais plus faciles, plus simples et plus clairs. Les élèves concernés s’inscrivent à une première date. La première phase terminée, il y a publication par tout moyen des places restantes dans chaque école. Puis est ouverte une seconde phase d’inscriptions, où c’est premier arrivé, premier inscrit. Ce qui pourrait créer des files, mais ce sont les parents eux-mêmes qui l’ont demandé.  

D’aucuns proposent de réguler les inscriptions dès le fondamental. Qu’en pensez-vous ?  

Je crie "aux fous !" parce qu’en maternel et en primaire, on risquerait de créer des zones encore plus délicates puisqu’il y a déjà pénurie de places. C’est une mauvaise idée car on aggraverait sérieusement la situation de certaines familles.