Belgique

L’an dernier, le téléphone a sonné environ 13 000 fois au Centre de prévention du suicide. Soit une moyenne de 35 appels décrochés chaque jour au 0800  32 123 (numéro d’écoute gratuit et anonyme). Au bout du fil, quelqu’un qui va mal. Ou quelqu’un qui croit qu’un ami, une sœur, un fils risque de faire une grosse bêtise. Depuis plus de 45 ans, le Centre de prévention du Suicide s’efforce de glisser des grains de sable dans la mécanique suicidaire.

Le suicide arrive rarement de manière brutale ou tout à fait imprévisible. C’est souvent l’aboutissement d’un processus long et complexe au cours duquel on ne voit plus d’autre solution pour s’en sortir que d’arrêter de vivre.

Le Centre de prévention du suicide propose à la personne en crise des possibilités de communiquer et d’exprimer ses souffrances en instaurant un dialogue. Objectif  : aider la personne à clarifier sa situation, lui permettre de prendre le recul nécessaire pour percevoir que l’obstacle contre lequel elle bute peut être contourné, escaladé, voire abattu. A chaque stade du processus, une écoute active permet aux personnes d’ouvrir d’autres possibles et de sortir de la spirale dans laquelle elles sont emportées.

Dans un cas sur cinq, l’entourage prend l’initiative

En collaboration avec différents hôpitaux, les médecins généralistes, les maisons médicales et d’autres intervenants du réseau psycho-médico-social, le Centre propose un soutien psychosocial gratuit, en complément du suivi médical, pour réduire le risque de récidive.

La Cellule d’intervention psychologique de crise (CIPC) du centre a reçu, en 2016, 123 demandes de suivi (soit 8 de plus qu’en 2015). Un tiers des demandes (40) sont effectuées par des personnes qui ont fait une tentative de suicide ou qui sont en proie à des idées suicidaires. Dans un cas sur cinq, c’est l’entourage (un proche, un ami…) qui est à l’initiative.

En 2016, il y a eu 105 prises en charges effectives, ce qui veut dire que 90  % des personnes se présentent à la cellule après avoir pris rendez-vous. Pour la majorité des patients et de leur famille, le travail de crise (5 rendez-vous en moyenne) s’avère suffisant. Mais pour 40  % des personnes qui vont mal, cette prise en charge de crise est un relais vers un suivi thérapeutique à plus long terme.

Autre fait intéressant  : l’an dernier, près d’un quart des personnes reçues par la cellule d’intervention psychologique de crise sont venues consulter dans le cadre du passage à l’acte d’un proche.

69 % de femmes

Les femmes (69  %) sont bien plus concernées par une prise en charge de la cellule d’intervention psychologique de crise que les hommes (27  %). Dans 3,3  % des cas, les personnes sont venues en couple; dans un cas, c’est une famille qui a demandé l’intervention de la cellule. Pour plus de la moitié des patients (67 sur 105), il n’y avait pas d’antécédents suicidaires.

La moitié des demandes d’intervention psychologique en urgence concernaient des personnes en crise aiguë mais qui n’étaient pas passées à l’acte. “Ce constat nous ramène à notre mission première de prévention”,

souligne le Centre

Plus d'informations :  www.preventionsuicide.be

Téléphone gratuit: 0800 32 123

Épinglé

Le suicide représente, en Belgique, 2000 morts par an, soit 5 à 6 décès par jour. Ces chiffres officiels ne tiennent pas compte d’autres formes de décès, parfois suspects  : un certain nombre d’accidents de la route ou domestiques, certaines overdoses… seraient des suicides “déguisés”.

40 000 comportements suicidaires.

On estime, globalement, à 20 fois plus de tentatives que de décès par suicide. Ce qui veut dire que chaque année, plus de 40 00 personnes adopteraient un comportement suicidaire.