Belgique

L'enfant qui a été découvert mort dimanche matin à Schaerbeek au carrefour de la rue Van Hammée et l'avenue Paul Deschanel a été étranglé et égorgé par sa mère vers 04h00 du matin dans la nuit de vendredi à samedi, a indiqué le parquet de Bruxelles à l'agence de presse Belga. Interrogée par la police, la mère de l'enfant a reconnu les faits. La police est intervenue une première fois auprès de la famille composée d'une mère de 37 ans et de ses deux enfants de 11 ans et 8 ans (I.) dans la nuit de vendredi à samedi à leur domicile situé Rue Van Hove à Schaerbeek. Mais elle n'a alors constaté aucun incident particulier.

Plus tard dans la nuit, vers 04h00, la mère souffrant de troubles psychologiques a été prise d'une crise de décompensation durant laquelle elle s'est est pris à son fils cadet âgé de 8 ans. La femme a étranglé et égorgé l'enfant, elle a ensuite transporté le corps à l'aide d'une valise dans une aire verte à proximité de son domicile, entre la rue Van Hammée et l'avenue Paul Deschanel.

Durant la journée de samedi, le propriétaire du logement est passé au domicile de la famille et a constaté l'absence du petit garçon. Il a immédiatement contacté la police.

La mère a été entendue par la police dans la nuit de samedi à dimanche. Elle a reconnu les faits et a désigné l'emplacement du corps de l'enfant. Elle affirme que son acte est dû à une crise de décompensation.

Le fils aîné âgé de 11 ans a été pris en charge par un juge de la jeunesse.

Le père de la famille est parti en Syrie depuis plusieurs années, a indiqué le parquet.

Un médecin légiste, un juge d'instruction et une équipe de pompiers sont descendus dimanche à Schaerbeek sur les lieux où le corps a été découvert plus tôt dans la matiné.


La décompensation, passage d'une névrose à une psychose

Le terme de décompensation est utilisé en médecine pour désigner la dégradation d'un organe. En psychiatrie, il sous-entend le passage d'une névrose à une psychose, selon un psychologue clinicien. "La pression est tellement forte que la personne craque." Même si la définition et l'emploi du terme sont "débattables", selon ce psychologue, la décompensation désigne communément le passage "d'un état stable à une rupture d'équilibre", ajoute une pédopsychiatre exerçant à Liège.

"C'est le moment où "la vulnérabilité psychologique s'exprime, précise le psychologue. On passe d'une état non pathologique à un état pathologique", pouvant engendrer un passage à l'acte. Celui-ci est alors perçu comme "la seule solution". "Il y a souvent quelque chose de sous-jacent", explique ce psychologue.

La décompensation peut être entraînée par un stress continu, et le cerveau ne réagit plus de la même manière, notamment au niveau de l'inhibition (zone du cortex pré-frontal), ce qui peut rendre une personne "incontrôlable", faisant "qu'elle ne sait plus faire la part des choses". "On a tous normalement une barrière psychologique qui nous empêche de passer à l'acte, qui nous vient par notre culture et notre éducation, déjà avant l'âge de 3-4 ans", et la décompensation signifie qu'à un moment donné, cette barrière tombe et peut entraîner "un coup de folie passagère".


Des mesures ont été prises pour accompagner des élèves de l'école de la victime

Les services sociaux de la commune de Schaerbeek ont pris contact avec l'école de l'enfant retrouvé dimanche étranglé et égorgé par sa mère afin d'accompagner les élèves qui partageaient les bancs de la victime, a indiqué le bourgmestre Bernard Clerfayt. "Des mesures ont été prises", a indiqué le bourgmestre de la commune de Schaerbeek dont les services sociaux ont pris contact avec l'école de la victime pour assurer un accompagnement social des élèves. "Il faut accompagner les enfants", a insisté M. Clerfayt.

Le bourgmestre est revenu sur l'évènement "dramatique" qui a secoué sa commune dimanche. "Nous attendons que l'enquête précise ce qui s'est passé. Les faits sont clairs, mais l'enquête doit déterminer ce qui a poussé cette maman à poser ce geste terrible", déclare-t-il encore.

M. Clerfayt ne dispose pas d'information car l'affaire relève du parquet. Il n'était pas encore en mesure de préciser si la famille était connue de tel ou tel service communal à ce stade, et a indiqué que les inspecteurs judiciaires rechercheront dans l'entourage le contexte de cette maman.