Belgique

A quelques heures d'une grève de 24 heures sur le réseau ferroviaire, le débat resurgit entre les partisans de l'instauration d'un service minimum en cas de grève à la SNCB, au premier rang duquel se trouvent des associations de navetteurs et des organisations patronales, et les détracteurs de cette idée, parmi lesquels on retrouve les syndicats, soutenus sur ce point par la ministre des Entreprises publiques Inge Vervotte, qui estiment qu'un service minimum est "irréalisable".

Dans un communiqué, l'association flamande des usagers de train, tram et bus (Bond van Trein-, Tram- en Busgebruikers/BTTB) se déclare mécontente lundi de ce mouvement de grève et demande aux syndicats de recourir à des formes d'action plus inventives que la grève.

Estimant que "la grève sur le rail ne touche pas les patrons du chemin de fer, mais bien les voyageurs", le BTTB considère que l'instauration d'un service minimum est tout à fait possible. Et l'association flamande des usagers de train, tram et bus de prendre l'exemple d'autres pays ou régions d'Europe (comme l'Italie, l'Autriche, le Danemark ou la région parisienne) qui connaissent un système de service minimum.

Parmi les organisations patronales, le Syndicat neutre des indépendants (SNI), par la voix de sa présidente Christine Mattheeuws, estime que "la ministre des Entreprises publiques Inge Vervotte fuit ses responsabilités en déclarant qu'elle ne peut garantir la sécurité des voyageurs en cas de service minimum". "C'est justement sa tâche de veiller à ce qu'il y ait suffisamment de personnel pour garantir cette sécurité", ajoute-t-elle dans un communiqué.

Le SNI plaide dès lors pour un service minimum en cas de grève dans les entreprises publiques telles que la SNCB parce que "le coût économique de telles grèves est particulièrement élevé". Le syndicat d'indépendants se déclare en outre favorable à des "actions alternatives" comme ne pas faire payer les voyageurs ou la grève à des moments de la journée moins fréquentés.

De leurs côtés, les syndicats ferroviaires CGSP-Cheminots, CSC-Transcom et SLFP ont réitéré lundi leur opposition à l'instauration d'un service minimum sur le rail, évoquant, dans le chef du syndicat socialiste, le "tabou" du service minimum. Les syndicats pointent du doigt des risques pour la sécurité du personnel de la SNCB ainsi que pour les voyageurs. A l'instar de la ministre des Entreprises publiques Inge Vervotte (CD&V), ils jugent en outre l'idée irréalisable.

Inge Vervotte a en effet indiqué, dimanche au cours d'une émission télévisée, qu'un service minimum pour les chemins de fer en cas de grève est une belle chose en théorie mais qu'il serait très difficile de le réaliser. Pour la ministre, organiser un service minimum en cas de grève à la SNCB nécessiterait la présence de 65% du personnel.