Belgique

Au lendemain des attentats de Paris, Ali Oulkadi avait convoyé Salah Abdeslam de Bockstael à Schaerbeek.

C’est un des trois hommes qui avait pris en charge Salah Abdeslam après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Ramené dans la nuit à Molenbeek par Mohamed Amri et Hamza Attou, Salah Abdeslam avait ensuite été convoyé par Ali Oulkadi qui l’avait déposé près de la rue Bergé à Schaerbeek, adresse de la planque où ont été confectionnées les ceintures explosives de Paris.

Ali Oulkadi a été arrêté une semaine plus tard. En juillet 2016, il a été livré aux autorités judiciaires françaises. Comme Hamza Attou il y a un mois, Oulkadi a été remis en liberté sous strictes conditions lundi. Parmi celles-ci, ne pas quitter son domicile la nuit et informer le juge de toute sortie de Bruxelles.

La "bande des Béguines"

Ali Oulkadi, 33 ans, était un proche de Brahim Abdeslam, qui s’est fait exploser à Paris. Leurs parents sont originaires du même village dans le Rif marocain. Français tous les deux, ils sont nés la même année. Oulkadi fréquentait les Béguines, le café de Brahim Abdeslam où Amri faisait office de barman au noir et où Attou était le vendeur de haschisch.

En 2015, Oulkadi, marié et père de deux enfants, était le plus intégré socialement de la bande : soudeur la journée, il livrait des plats de restauration en soirée. Au cours de ses auditions, il a toujours contesté tout rôle dans les attentats de Paris. Son ADN, mêlé à celui de Salah Abdeslam, a été retrouvé sur une fourchette rue Bergé. Cela ne peut être qu’un couvert venu des Béguines, affirmait-il.

Oulkadi, le dernier à avoir vu Abdeslam avant ces quatre mois de cavale, a toujours dit qu’il n’avait compris l’implication des Abdeslam dans les attentats que quand il a pris en charge Salah Abdeslam. Au cours d’une pause dans un café, Oulkadi aurait compris en raison des questions posées par Salah Abdeslam sur le nombre de kamikazes et de morts.

Il avait néanmoins permis à Salah Abdeslam de se fondre dans la nature et ne l’avait pas dénoncé. Arrêté une semaine plus tard, il avait dit qu’à l’époque, il ne dormait plus. "J’ai même voulu venir spontanément mais mes amis m’ont dissuadé de venir car on allait m’accuser."

Dans un courrier à la juge, il s’était ensuite réjoui de l’arrestation de "Salah A." dont "la nouvelle de [l’]arrestation a été une bonne nouvelle et une vraie bouffée d’oxygène, un espoir".