Belgique Il a été condamné à 4 ans avec sursis partiel.

L’affaire avait éclaté en 2013 après le suicide d’un détenu, qui avait envoyé une lettre à son frère, expliquant qu’il avait été abusé sexuellement par Jef Buts, le directeur de la prison de Wortel.

Les plaintes s’étaient accumulées contre le directeur qui disposait d’un appartement dans la prison même en raison de son handicap - il était aveugle. Jef Buts, aujourd’hui retraité, avait été suspendu.

Les détenus parlaient d’attentats à la pudeur dans le bureau du directeur qui, en échange de faveurs sexuelles, leur promettait des accommodements. Cela pouvait être un travail dans la prison, l’accès à une thérapie, des cigarettes, un GSM, voire une réduction de peine.

Certains des faits dénoncés étaient prescrits. Jef Buts avait néanmoins été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Turnhout pour attentats à la pudeur avec violences. Le directeur contestait tous les faits. Il affirmait que c’était un complot ourdi par des détenus et des gardiens.

Devant le tribunal, la représentante du ministère public avait estimé que les faits étaient établis. Elle avait fait remarquer que Jef Buts choisissait avec soin ses victimes. C’était, dans la majorité des cas, des détenus incarcérés pour des faits de mœurs, si bien qu’il y avait davantage de probabilités qu’ils ne soient pas crus. Vu la position d’autorité de Jef Buts, la magistrate avait requis huit ans de prison.

La défense avait une autre lecture du dossier. Me Jef Vermassen avait rappelé qu’après des accusations similaires, Jef Buts avait été suspendu de 2004 à 2006 alors qu’il dirigeait la prison de Hoogstraten. Le dossier avait été classé. Or des détenus l’ont accusé des faits commis en 2005.

Il avait aussi fait valoir que, si le directeur avait abusé des détenus dans son bureau, cela se serait vu car le local était pourvu de très larges fenêtres. Il faisait enfin remarquer qu’un détenu accusait Jef Buts de l’avoir filmé. Or son GSM n’était pas pourvu d’une fonction caméra.

Le tribunal a estimé les faits établis et a condamné mardi Jef Buts à quatre ans avec sursis pour la moitié.