Belgique

L’affaire avait, on s’en souvient, fortement pesé sur les élections communales de 2006. Quatre mois plus tôt, l’opposition de l’époque (CDH-Ecolo) réclame la démission de Bernard Anselme (PS), bourgmestre de Namur. Elle l’accuse de conflit d’intérêt dans le cadre de marchés publics attribués à un bureau d’études namurois, la Sotegec, dont l’administrateur-délégué était Pierre Louis. Son ex-épouse, Rita Maillard, administratrice de la Sotegec, était la compagne du bourgmestre de Namur.

Après les élections, le PS est renvoyé dans l’opposition. Quelques jours plus tard, Bernard Anselme est inculpé pour entrave à la liberté des enchères et soumissions, faux et usage de faux et prise d’intérêt dans des affaires publiques. Son inculpation est suivie par celles de Jean-Louis Close (PS), échevin du patrimoine à l’époque des faits et du secrétaire communal, Jean-Marie Van Bol.

Le juge d’instruction Philippe Olivier poursuit sa longue enquête. En mai et août 2010, il lance d’autres inculpations : Pierre Louis et Rita Maillard, des fonctionnaires et l’ex-chef de corps de la police de Namur, Guy Jomaux.

Le bureau d’études Sotegec, dirigé par Rita Maillard, aurait été outrageusement favorisé par la Ville de Namur - lorsque Bernard Anselme était à sa tête - pour l’obtention de marchés publics. Il en aurait été de même pour le CPAS et pour une société de logements sociaux. Des marchés auraient été attribués soit grâce à de faux prix bas (les contrats étaient ensuite grevés par de lourds avenants), soit en soustrayant des documents de l’examen au conseil communal, soit en omettant simplement la moindre mise en concurrence. Cinq marchés sont retenus; le commissariat de police d’Hastedon, le hall Octave Henry, le musée de la Forêt, la Commission consultative d’aménagement du territoire (CCAT) et l’immeuble Pairelle.

Le juge Philippe Olivier a clôturé son dossier il y a un an. A charge pour le parquet de Namur de rédiger son réquisitoire de renvoi en correctionnelle. Il vise vingt-deux personnes et trois sociétés. Hormis les personnes déjà citées, figurent d’anciens échevins PS comme Frédéric Laloux et Dominique Renier. Les débats sur un renvoi en correctionnelle débutent le 18 janvier. Il est vraisemblable que des devoirs complémentaires seront demandés. Acceptés ou non, ceux-ci retarderont la procédure. Il est dès lors illusoire d’attendre un procès avant les élections d’octobre 2012.