Belgique

On a beau vouloir s’abstenir de parler de la N-VA pour ne pas lui faire de la pub, le parti de Bart De Wever se charge bien lui-même de rallumer le feu. Les feux même : alors que le président de la N-VA laissait entendre que l’Open VLD pourrait bien l’empêcher de rencontrer le Premier ministre libéral néerlandais Mark Rutte, c’est sa plus fidèle complice, Liesbeth Homans qui a allumé un fameux brûlot en liant l’octroi de soins médicaux urgents à des illégaux à la condition d’un engagement à quitter le territoire.

Ainsi donc, la présidente du Centre public d’action sociale de la ville portuaire prône une solution pour le moins radicale là où il était surtout question de continuer à permettre à des demandeurs d’asile séropositifs de continuer à se soigner.

On a déjà pu lire ici une brève réaction du cabinet de la Secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration mais chez Maggie De Block on persiste et signe : "A l’heure actuelle tous les coûts de ce type de prise en charge sont remboursés intégralement par l’Etat fédéral au CPAS. Il est faux de prétendre comme l’a fait M me Homans qu’on doit tenir compte du degré de gravité de la maladie ou du fait que les antirétroviraux sont disponibles ou non dans les pays d’origine des demandeurs d’asile."

Et d’expliquer qu’il n’y a que trois conditions : "Le malade doit résider de manière illégale en Belgique, un médecin atteste de la nécessité que la personne nécessite des soins urgents et, enfin, la personne à aider doit effectivement être dans le besoin. Il n’y a pas d’autres critères "

La porte-parole de la Secrétaire d’Etat s’insurge aussi sans restrictions contre la proposition de lier à l’avenir l’octroi d’une aide médicale urgente aux illégaux à la signature d’une lettre les engageant à quitter volontairement le territoire.

"Nous répétons encore que cette proposition est inacceptable. Veut-elle en arriver à ce qu’une personne gravement malade, qui refuse de s’engager sur une telle voie, soit renvoyée à la rue et y perde la vie ?"

Els Cleemput, la porte-parole de Maggie De Block rappelle aussi qu’un arrêté royal de 1966 porte que les personnes en séjour illégal ont droit à une aide médicale urgente si elles disposent d’une attestation médicale.

Et d’annoncer la mise sur pied d’un nouveau dispositif de contrôle. Les frais médicaux ne seront plus pris en charge par le CPAS, mais par la Caisse auxiliaire d’assurance maladie invalidité qui pourra faire appel à un médecin-conseil.

En attendant, Nahima Lanjri, parlementaire anversoise du CD&V tout en estimant qu’il faut mieux contrôler le suivi médical des sans-papiers a estimé qu’"Anvers ne peut pas résoudre ce problème tout seul. Il faut aussi que cela donne lieu à une sorte de tourisme médical".

Un point de vue dans lequel peut se retrouver le président du CPAS de Gand, le SP.A Rudy Coddens qui redoute que certains malades ne prennent le chemin de la cité d’Artevelde.

Un avis autorisé de moraliste

La nouvelle décision de la N-VA anversoise rassure de moins en moins les observateurs non directement engagés politiquement. Ainsi, le moraliste et éthicien gantois, Freddy Mortier qui est souvent cité comme le futur recteur de l’Université de Gand a estimé sur le site du "Standaard" que "le CPAS a une obligation morale d’octroyer des antirétroviraux aux personnes malades du sida" . Le professeur gantois constata aussi que les personnes issues de l’immigration étaient vraiment très exposées à Anvers : "Cela devient tout doucement une politique générale de leur rendre la vie impossible. Alors qu’on vient à peine de rendre l’inscription des étrangers quinze fois plus chère, il y a maintenant cette nouvelle agression "