Belgique

La Belgique achètera ses 34 chasseurs furtifs F-35 américains à un prix extrêmement favorable - 76,3 millions d'euros pièce pour un appareil "prêt à voler" - grâce à deux gestes consentis par les Etats-Unis envers un pays qui n'était pourtant pas associé au programme dès le départ, a indiqué le responsable du projet, le colonel Harold Van Pee, dans une interview publiée mercredi par le journal L'Echo. Selon lui, ce coût s'explique également par le fait que le F-35 Lightning II du groupe Lockheed Martin est construit à 250 exemplaires par an, contre 10 ou 15 pour les autres appareils, comme l'Eurofighter Typhoon européen ou le Rafale français.

Mais les Etats-Unis ont aussi laissé tomber la partie des coûts de développement historiques que la Belgique, 13ème pays client du F-35, aurait dû payer en tant que pays non impliqué dans le programme de développement de l'avion, soit un "cadeau de 475 millions de dollars", a ajouté le colonel Van Pee.

Selon lui, les Etats-Unis ont "ont été poussés dans le dos par la compétition avec les Britanniques", qui proposaient le Typhoon comme successeur des F-16 vieillissants.

"Ils ont aussi exonéré la Belgique jusque 2030 de leur partie des frais de développement futurs, soit 7,2 millions (de dollars) par an", a poursuivi l'officier, qui dirige la cellule "Air Combat Capability Program" (ACCaP) au sein de l'état-major de la Défense.

Le colonel Van Pee admet que l'heure de vol de F-35 coûte 30% plus cher que le F-16 en coûts d'exploitation.

"Mais on va voler 30% d'heures en moins. Car on aura moins d'avions et on s'exercera davantage sur simulateur. Au total, là où il faut 222 millions d'euros pour les F-16 en coûts annuels d'exploitation, on va passer à 229 millions. Ce qui est beaucoup moins que ce qui avait prévu comme plafond dans la Vision stratégique (270 millions). On restera donc plus ou moins au même montant, même si l'heure de vol sur F-35 est effectivement plus chère", a-t-il souligné.