Belgique

L'ancien sénateur Georges Dallemagne a profité mercredi de la sortie (en France) du film "Indigènes" pour réclamer que le gouvernement trouve une solution afin que les anciens combattants congolais ayant servi la Belgique "soient traités avec la dignité qu'ils méritent" et perçoivent une pension.

Le ministère de la Défense a cependant assuré qu'il n'avait plus aucune obligation légale en la matière, tout en rappelant l'aide humanitaire fournie aux anciens combattants congolais qui ont combattu pour la Belgique au cours de la seconde Guerre mondiale et qui vivent aujourd'hui dans des conditions souvent difficiles.

"Les anciens combattants congolais n'ont jamais reçu leur pension" malgré la liquidation en une fois en 1990 par la Belgique d'un fonds de pension à l'ancien président zaïrois Mobutu Sese Seko, a affirmé M. Dallemagne dans un communiqué.

Cette opération a, selon l'ancien sénateur cdH, permis à la Belgique de réaliser "des gains substantiels" sur les sommes qu'elle devrait encore acquitter aujourd'hui à ses anciens combattants.

"Même si sur le plan légal la Belgique peut estimer qu'elle n'a plus d'obligation, elle a le devoir de trouver une solution avec l'actuel gouvernement congolais pour que ces anciens combattants soient traités avec la dignité qu'ils méritent", a ajouté M. Dallemagne.

En France, le ministre délégué aux Anciens combattants, Hamlaoui Mékachéra, a annoncé mercredi que les anciens combattants des colonies allaient percevoir les mêmes pensions que les nationaux français.

Au cabinet du ministre de la Défense, André Flahaut, également compétent pour les anciens combattants et les victimes de guerre, on souligne toutefois que les situations sont très différentes.

Pour le Congo, "le problème est réglé depuis 1976-1977", a souligné un spécialiste du dossier interrogé par l'agence BELGA.

La Belgique et son ancienne colonie - le Zaïre à l'époque - ont en effet conclu à cette époque un accord annulant des dettes réciproques entre Etats et confiant à Kinshasa le soin de payer désormais les retraites à ses vétérans et anciens membres de la Force publique. Mais le régime du maréchal Mobutu s'est accaparé ces fonds et n'a pratiquement jamais rien versé. Actuellement, certains anciens combattants ne perçoivent qu'environ l'équivalent d'un euro par mois, soit moins que les frais de transport en commun pour aller toucher cette somme.

M. Flahaut a toutefois donné son accord à l'envoi de matériel médical excédentaire destiné à la Maison des anciens combattants congolais, située à Kinshasa et plongée dans le dénuement complet, a noté ce collaborateur. Des médecins militaires belges se rendent aussi parfois à Kinshasa pour effectuer des consultations et assurer un suivi du matériel.

Selon les estimations, quelque 10.000 à 12.000 Congolais ont servi dans les rangs de l'armée belge durant ce conflit, s'illustrant notamment en 1941 en Afrique orientale face aux troupes italiennes d'Abyssinie, au Moyen-Orient - au Caire et à Jérusalem -, puis jusqu'en Birmanie, au sein d'un hôpital de campagne venu du Congo.