Belgique

“Nous souhaitons vous affirmer notre volonté unanime de maintenir l'ancrage du FRS-FNRS à Bruxelles (...)”. La décision est tombée : le Conseil d'administration du Fonds de la Recherche scientifique rejette le projet gouvernemental relatif à la délocalisation de son siège social, en l'occurrence à Charleroi. En témoignent les propos de son président, par ailleurs recteur de l'ULB, Didier Viviers, dans un courrier (daté du lundi 3 juin) adressé à l'ensemble du gouvernement de la Communauté française, et que “La Libre” a pu parcourir.

Pour rappel, il y a tout juste un mois, le ministre de la Recherche scientifique, Jean-Marc Nollet (Ecolo) ­ par ailleurs carolo - avait confirmé à la presse l'information selon laquelle un mandat visant à déménager l'administration du FNRS de Bruxelles à Charleroi lui avait été donné par le gouvernement. Au-delà de la “valeur ajoutée” et des “motivations carolos” d'un tel déménagement s'étaient alors interrogés certains, c'est surtout la question de la concertation avec les instances concernées, le Conseil d'administration du FNRS en tête, qui avait fait l'objet de vives crispations.

Le 30 mai dernier, les membres du CA du FNRS, “ce dernier étant souverain en la matière”, précise le document, se sont saisi de l'affaire. De leur rencontre, diverses “observations et décisions” en sont ressorties. Les voici exposées point par point :

1.“Nous regrettons d'avoir été informés par voie de presse de ce projet de transfert de siège social, et non dans le cadre d'une concertation étroite et officielle, d'autant qu'un délégué du gouvernement, par ailleurs chef de cabinet adjoint du ministre Nollet, siège au Conseil d'administration du FRS-FNRS.”

2.“Si l'hypothèse d'une “antenne” en Wallonie a été communiquée au FRS-FNRS au cours d'une rencontre organisée le 25 mars dernier entre les représentants du Fonds et le gouvernement, rencontre qui avait pour but d'entamen l'examen de la faisabilité (ou de la non-faisabilité) de ce projet, les annonces officielles beaucoup plus radicales intervenues les semaines suivantes, semblent oublier que seul le CA du FRS-FNRS est habilité à prendre une telle décision (…). Nous tenons en effet à vous rappeler que le FRS-FNRS est une fondation à caractère privé à qui il appartient de ce fait de fixer la localisation de son siège social. Cela constitue dès lors une ingérence dans la gestion d'un bien privé (…)”.

3.“Nous souhaitons dès lors vous affirmer notre volonté unanime de maitenir l'ancrage du FRS-FNRS à Bruxelles, tant pour des questions de visibilité par rapport à nos interlocuteurs internationaux et institutionnels, que pour des raisons financières et fonctionnelles. La mission du FNRS reste d'être au service des universités et des chercheurs. Les conséquences d'une délocalisation de son siège social nous paraissent particulièrement lourdes tant au plan social, financier, organisationnel que pratique. Les dangers de ce projet seraient de fait bien supérieurs aux avantages qu'il pourrait apporter à l'institution et par là-même, à l'ensemble de la communauté scientifique”.

4.Voilà qui est dit. Ceci étant, termine Didier Viviers dans son courrier, “le FRS-FNRS est conscient de l'évolution de la société et des choix politiques qui en découlent. A ce titre, nous restons ouverts à une réflexion concertée, dans l'esprit même qui avait présidé lors des premiers contacts qui permettrait, notamment dans le cadre du nouveau Fonds de la Recherche fondamentale stratégique (FRFS) d'envisager pour le futur les aménagements à réaliser par rapport à certains éléments de délocalisation”.

Le dossier n'est pas clos, incontestablement.