Belgique

Dans le grand chamboulement que se prépare à vivre notre enseignement supérieur, les intérêts des uns ne sont pas forcément ceux des autres. Et le projet Marcourt (LLB 16/7), qui prévoit un regroupement des universités, Hautes Ecoles (HE) et Ecoles supérieures des arts selon cinq zones géographiques (Liège-Luxembourg, Namur, Brabant wallon, Hainaut et Bruxelles), ne plaît pas à tout le monde.

C’est le cas de quatre HE du réseau libre (de Vinci, Ichec-ISFSC, Galilée et Ephec), qui ont fait savoir au ministre de l’Enseignement supérieur, dans un courrier du 8 septembre, leur "opposition au projet de démantèlement de la zone Bruxelles-Brabant wallon". Ces quatre HE accueillent, à Bruxelles et Louvain-la-Neuve, 60 % de la population étudiante des HE de Bruxelles et du Brabant. Elles estiment que ce projet "met à mal le principe fondamental de la liberté d’association et d’initiative" et "ruine le produit de plusieurs années de collaboration entre les quatre HE et l’UCL". Elles revendiquent dès lors "l’insécabilité de la zone Bruxelles-Brabant Wallon" qui "correspond à une évidente réalité en termes de recrutement étudiant, de bassin de vie, d’emploi, d’études, de transports, entre Bruxelles et sa métropole et positionne tous les partenaires sur le plan international. [ ] Toute initiative de cadrage géographique ignorant ces réalités entraînerait une perte des acquis et des efforts consentis et risquerait de paralyser leur développement."

Une autre missive au ministre Marcourt, datée du 7 septembre et signée par les dirigeants de l’UCL, de l’Institut de traduction et interprétation Marie Haps et de la HE de Vinci (qui comprend Marie Haps), rappelle le souhait de ces trois institutions de poursuivre leurs collaborations, notamment par l’intégration de Marie Haps à l’UCL, et non pas aux Facultés St-Louis de Bruxelles, malgré l’habilitation conditionnelle attribuée à St-Louis lors de la législature précédente. "En effet , est-il écrit, in fine, dans le cadre de la fusion envisagée (mais avortée, NdlR) entre les FUSL et l’UCL, c’était bien des collaborations étroites avec les 2 nds cycles de l’UCL qui étaient surtout visées. [ ] Sans cette intégration, des trois grandes universités (UCL, ULB, ULg, NdlR), seule l’UCL serait privée du domaine de la traduction-interprétation, alors que les conditions d’intégration sont excellentes." Les signataires concluent en espérant que les ouvertures manifestées sur ce sujet par M. Marcourt pourront bientôt être explorées. Affaire à suivre.