"Le mandat d'arrêt du chauffeur est justifié"

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Belgique

Le procureur du roi de Charleroi, Christian De Valkeneer, a motivé jeudi le mandat d'arrêt délivré contre un chauffeur du TEC Charleroi "en raison des violences gratuites" de sa part.

"Le mandat d'arrêt se justifie pleinement en raison de violences gratuites du chauffeur de bus", a indiqué M. De Valkeneer. Le chauffeur du bus, interpellé après avoir maîtrisé un passager qui tentait de l'agresser, a été placé sous mandat d'arrêt pour coups et blessures volontaire ayant entraîné une incapacité.

"Ce passager vient de passer cinq jours en soins intensifs et il devra être hospitalisé pendant quinze jours encore", a précisé le procureur du roi, soulignant que la victime avait subi un pneumothorax, avait la rate perforée et deux vertèbres démises.

La scène, qui s'est déroulée samedi dernier vers 19h00 à Gilly, a été entièrement filmée par les caméras de deux bus : celui dans lequel la scène a débuté et celui près duquel elle s'est terminée.

Le passager avait, en cours de trajet, appuyé sur une sonnette en demandant à descendre, ce qui n'a pas été compris par le chauffeur. Le passager lui a alors demandé à pouvoir descendre entre deux arrêts, ce qui lui a été refusé. A l'arrêt suivant, il est descendu. S'agissant d'une station terminus, un autre bus était à ce moment également à l'arrêt, juste devant.

Le passager, qui était handicapé et muni d'une béquille, a longé les deux bus. Il était arrivé à hauteur du deuxième quand le chauffeur l'a rejoint, l'a empoigné à la gorge et l'a propulsé contre ce second bus. Le chauffeur s'est alors éloigné et le passager est revenu vers lui, en sortant un couteau. En réaction, le chauffeur l'a roué de coups de pieds sur tout le corps, avant de le désarmer.

Les secours sont ensuite arrivés. Le passager a d'abord été emmené pour interrogatoire à l'Hôtel de police. Voyant son état, les policiers l'ont fait admettre au CHU, où il est resté jusqu'à ce jeudi en soins intensifs.

Ces différents éléments ont amené le parquet à mettre le dossier à l'instruction, ce qui a suscité le mandat d'arrêt décerné jeudi en fin de matinée.

Il est d'ores et déjà apparu que le chauffeur, un ancien paracommando de forte carrure, avait fait l'objet, le 16 avril dernier, d'une première plainte pour des faits de violence qui n'avaient pu être filmés. Ils ont été mis à l'information auprès du parquet.

A l'heure actuelle, le passager n'a pas été inculpé, mais il devrait faire l'objet d'une inculpation pour menaces avec arme, a précisé M. De Valkeneer.

Ni l'identité du chauffeur ni celle du passager n'ont été révélées officiellement, mais ils sont tous deux âgés d'une trentaine d'années.

Le procureur du roi a également décidé de faire visionner jeudi vers 15h30 aux responsables syndicaux des Tec les films enregistrés lors de la scène. Ils ont déjà été visionnés par la direction des Tec.

Christian De Valkeneer a également rappelé à cette occasion que la politique du parquet de Charleroi est répressive, quand il s'agit d'agressions commises contre des chauffeurs de bus ou des accompagnateurs de train.

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