Belgique "La Libre Belgique" et "Le Monde" s’associent pour dresser le portrait des victimes des attentats de Bruxelles.


Il est important d’honorer la mémoire des morts. Et cela, quelles que soient les convictions philosophiques ou religieuses de chacun. Les morts sont importants dans nos vies. Là où ils sont, par le souvenir que nous en avons, ils nous aident, nous éclairent, nous guident. 

Il est des morts plus symboliques que d’autres. Parce que leur disparition, brutale, violente, est la conséquence d’un acte révélateur, d’un dérèglement, d’une dérive. Ces morts, il faut en parler dans le respect, évidemment, de ce qu’ils furent, dans le respect de la volonté de leur famille. 

Nous avons choisi de dresser un Mémorial des victimes des attentats du 22 mars. D’abord, tout simplement, pour honorer la mémoire de ces hommes, de ces femmes, victimes innocentes d’une barbarie aveugle. Mais aussi, parce qu’il ne faudra jamais oublier ce que les terroristes cherchaient : semer la haine, frapper l’Europe, frapper la Belgique, frapper Bruxelles en plein cœur. Briser les vies de simples citoyens qui partaient travailler, étudier, voyager. Les lieux visés étaient symboliques : à proximité des institutions européennes, symbole d’une société que les djihadistes exècrent. Ainsi que le hall d’entrée de l’aéroport international de Zaventem, là où se croisent mille vies, mille expériences. Le point d’entrée d’un pays cosmopolite, multiculturel, ouvert. 

Pour dresser ce Mémorial, nous nous sommes inspirés de ce que le journal "Le Monde" avait réalisé après les attentats de Paris. La démarche nous avait semblé belle, respectueuse. Jour après jour, les journalistes français et les correspondants du "Monde" à l’étranger avaient brossé les grandes lignes des vies de ces jeunes attablés à la terrasse d’un café ou rassemblés dans le temple du rock parisien. Cette démarche nous avait paru à la fois pudique et essentielle. 

Cette fois, les rédactions du "Monde" et de "La Libre Belgique" ont décidé d’unir leurs forces et leurs compétences pour dresser, au fil des prochains jours, les portraits des 32 victimes de Bruxelles. Nous avons pris contact avec leurs parents, leurs amis, leurs collègues, pour mieux cerner la personnalité des victimes. Loin de tout voyeurisme, notre souhait est de mettre des visages sur les noms, de raconter les histoires des personnes disparues. C’est aussi une façon de "célébrer" la vie pour ne pas donner raison à ceux qui la nient. Certaines familles n’ont pas souhaité y participer, préférant vivre leur deuil dans l’intimité. Nous avons évidemment respecté cette volonté. 

Ce Mémorial sera publié dans "La Libre", dans "Le Monde" et sur les sites respectifs des deux journaux. Il est écrit, dressé en hommage aux victimes. Et pour que jamais nous - et les générations futures - n’oubliions les dangers du fanatisme.


Voir ici le portrait "Lauriane Visart une juriste très intègre"