Belgique Arrêté dans sa Roumanie natale, l’homme nie avoir tué la jeune Roularienne. Il dit l’avoir découverte morte sur la plage.

Cent cinquante-sept jours : la famille de Sofie Muylle, cette jeune Roularienne de 27 ans retrouvée morte près de la digue à Knokke le dimanche 22 janvier, s’est rongé les sangs pendant 157 jours avant que l’on n’identifie son meurtrier présumé.

Cet homme, arrêté dans sa Roumanie natale le 26 juin, a été livré vendredi à la Belgique. Il a été placé samedi sous mandat d'arrêt pour assassinat, a indiqué la section brugeoise du parquet de Flandre occidentale.

Lorsque le cadavre de Sofie Muylle est retrouvé le 22 janvier, les pistes ne sont pas nombreuses. Tout au plus les policiers savent-ils qu’elle a voulu se rendre avec son ami au club situé dans le casino de Knokke peu avant 5 heures. Il fermait. Le couple s’est rabattu sur le piano-bar KZ, seul établissement proche ouvert à une heure si tardive.

Sofie Muylle a dit qu’elle voulait prendre l’air. Elle est sortie. Son ami l’a attendue. Il est sorti, ne l’a pas trouvée et a patienté jusqu’à la fermeture du bar. Il a signalé sa disparition à la police locale.

A 12 h 30, le cadavre de Sofie Muylle est découvert sous la terrasse du P’tit Bedon, un restaurant à 1 500 mètres du piano-bar KZ. L’autopsie a montré qu’elle avait été étranglée et que son corps y avait été traîné au départ de la plage. L’ami de Sofie a été soupçonné. On n’a pas retrouvé de sable sur ses chaussures. Les caméras de surveillance ont montré Sofie seule dehors.

Les enquêteurs ont passé en revue les images de toutes les caméras installées entre le piano-bar KZ et le P’tit Bedon. Un mois plus tard, ils ont fait appel au grand public. Des vidéos ont été diffusées dans le cadre de Faroek, émission programmée sur VTM qui propose régulièrement des avis de recherche.

Les images montraient notamment un groupe de jeunes, une voiture qui s’arrêtait à hauteur d’une jeune femme, deux jeunes filles marchant côte à côte ainsi que, sur trois vidéos, un jeune homme, mesurant environ 1,75 mètre et vêtu d’une veste bleue.

Un mystérieux "homme à la veste bleue"

Difficile de dire s’il s’agissait chaque fois du même homme, car certaines images avaient été prises en plein jour et d’autres de nuit. Huit des neuf personnes apparaissant sur les images ont été identifiées, sauf "l ’homme à la veste bleue ".

Il sera finalement reconnu par un policier local, qui s’est rappelé être intervenu quelques mois plus tôt à l’appel du propriétaire d’un studio, mécontent, car le Roumain à qui il avait loué son bien le partageait avec trois compatriotes. C’était l’homme à la veste bleue. Le policier s’est souvenu d’un nom : Alexandru Caliniuc.

Cet homme, arrivé en 2015 en Belgique pour de petits boulots dans la construction, était rentré en avril en Roumanie. Pour y ramener une voiture, avait-il dit à des amis.

Les indices se sont accumulés, paraissant le désigner comme "l’homme à la veste bleue". Peu après la diffusion de Faroek, il a retiré les photos où il posait avec une veste bleue sur sa page Facebook. Sur d’autres photos, il portait des Nike, similaires à celles que l’on voit sur les images de surveillance. Le 22 janvier, son GSM a borné où Sofie Muylle a disparu.

Un mandat d’arrêt international a été lancé contre Caliniuc. Il a été arrêté en Roumanie dans sa famille. Il ne s’oppose pas à son transfert en Belgique. Il nie avoir tué Sofie Muylle. Il dit l’avoir découverte inconsciente sur la plage et avoir voulu voler son collier. Il affirme avoir renoncé après avoir constaté qu’elle était morte.