Belgique Les "sauts de puce" aériens entre les aéroports de Liège et de Charleroi effectués sur la ligne de Casablanca de la compagnie marocaine Jet4You seront interdits dès mercredi, a indiqué mardi le ministre wallon André Antoine, qui a pris une mesure transitoire pour ne pas pénaliser les passagers ayant déjà réservé leur voyage.

André Antoine (cdH), en charge de la politique aéroportuaire, était opposé au trajet de 85 km entre les deux aéroports wallons, tant en raison de critères économiques qu'écologiques. Ce "saut de puce" générerait en effet au moins 10 fois plus d'émissions de gaz à effet de serre que le transport en bus, avait indiqué le ministre dernièrement. En outre, la Région wallonne, actionnaire des deux sociétés de gestion des aéroports et propriétaire de ces derniers, n'entendait pas que celles-ci organisent leur propre concurrence au sein même de la Région wallonne.

Après neuf jours de négociations avec les différents acteurs, André Antoine a donc pris un arrêté réduisant de fait la ligne aérienne aux allers-retours Liège-Casablanca-Liège. Pour ne pas pénaliser les voyageurs ayant déjà réservé leur billet en cette période de congé de Toussaint, une mesure transitoire a été prévue: les passagers de Jet4You vers Casablanca, au départ de l'aéroport de Gosselies (Charleroi-Bruxelles sud), pourront rejoindre Liège par autocar. "C'est un geste de la Région wallonne au bénéfice des passagers, afin de leur éviter tout désagrément", commente-t-on au cabinet du ministre.

La durée de cette mesure transitoire n'est pas précisée, à charge pour Jet4You de prendre le relais si elle désire maintenir un lien de et vers Charleroi. La ligne "Liège-Casablanca-Liège" sera donc opérationnelle dès mercredi aux mêmes conditions initiales au niveau du tarif, du confort et des horaires.

Pour appréhender la problématique de manière plus générale, André Antoine et le ministre fédéral de la Mobilité Renaat Landuyt (sp.a) ont prévu d'organiser la semaine prochaine une concertation entre les ministres des Transports, de la Mobilité et de l'Environnement des entités fédérale et fédérées afin de mettre fin à de tels trajets aériens en "sauts de puce"