Belgique

Dans un article posté en fin d'après-midi sur le site internet du journal "Le Monde", le correspondant belge du quotidien français, Jean-Pierre Stroobants, est revenu en détails sur le drame de Sierre où 22 enfants ont trouvé la mort, mardi soir.

Pourtant expérimenté, le journaliste s'est ensuite lancé dans une conclusion totalement déplacée où il dresse un parallèle grotesque entre l'émotion de la population belge,... et l'affaire Dutroux!

S'il est évident qu'un drame entraînant la mort d'un ou plusieurs enfants est particulièrement insoutenable, la population belge a-t-elle immédiatement repensé, ce soir, à l'affaire Dutroux ou aux cas de pédophilie commis au sein de l'église catholique?

Notre vision de l'enfance est-elle à ce point liée à la pédophilie que nous sommes incapables de nous en détacher pour y repenser malgré nous au moindre fait divers? Nos voisins français, allemands, espagnols ou turcs auraient-ils été moins "impressionnés" que nous à la vue de ce terrible événement? Et finalement, le journaliste devait-il revenir en détails sur cette affaire sordide pour clôturer un article censé informer les Français de l'accident de Sierre, et s'appesantir sur "les plaies mal cicatrisées des Belges" dans un contexte aucunement lié à des faits de pédophilie?

Jugez par vous-mêmes à la lecture des deux derniers paragraphes:

"Sidérée par le bilan de l'accident, la population est d'autant plus impressionnée qu'une grande majorité d'enfants figurent parmi les victimes. Après les terribles révélations, consignées dans un rapport officiel, sur les actes de pédophilie commis au sein de l'Eglise catholique durant des décennies mais, surtout, depuis l'affaire Marc Dutroux, les Belges ont une sensibilité à fleur de peau.

Les multiples disparitions de très jeunes filles organisées par le tueur pervers durant les années 1990 ont engendré un traumatisme durable dans le royaume. Par sa durée, la cruauté des révélations qu'elle a apportées et, surtout, la prise de conscience que la justice et la police étaient, à l'époque, incapables de protéger les plus faibles, cette affaire n'a pas fini d'impressionner. Et chaque accident impliquant des enfants ravive désormais les plaies mal cicatrisées des Belges".

Réaction de Jean-Pierre Stroobants suite à la publication de cet article:

Le correspondant du Monde à Bruxelles a contacté lalibre.be en vue de clarifier et nuancer ses propos: "Je n'ai absolument pas fait de comparaison entre les deux faits. Dans mon court papier, j'ai sous-entendu - et c'est un avis personnel - que la réaction très vive et émotionnelle des Belges suite au drame en Suisse s'explique en partie peut-être par le traumatisme causé par l'affaire Dutroux. Cette affaire représente clairement un traumatisme qui a fait basculer la sensibilité des Belges par rapport aux drames qui touchent des enfants. Je pense que l'évènement d'hier n'aurait sans doute pas eu les mêmes proportions émotionnelles dans d'autres pays."