Belgique

En avril 2000 sortait de presse le premier volume de l'«Encyclopédie du mouvement wallon», consacré aux lettres A à E (LLB, 4/4/2000). Le deuxième tome, de F à N, vient de paraître et le troisième, de O à Z, est annoncé pour les environs du 15 mars. Ainsi sera bouclée la somme, avec 800 souscriptions déjà engrangées et un retard (raisonnable) de trois mois pour cause de problèmes techniques rencontrés dans l'indexation finale.

Au total, plus de 1.500 pages, 6.000 entrées, 1.800.000 mots, dix années de travail, une soixantaine d'universitaires et un budget global de quelque 66,7 millions (1,65 million d'euros), avec l'appui du gouvernement wallon et de la Communauté française (Fonds de la recherche fondamentale et collective d'initiative ministérielle) : c'est assez dire l'ampleur de l'entreprise mise sur pied par l'Institut Jules Destrée, «centre d'étude et de recherche non gouvernemental», pour combler une lacune douloureusement ressentie dans les milieux concernés.

CHERCHEURS ET MILITANTS

Chronologiquement, l'ouvrage s'étend des dernières décennies du XIXe

siècle aux lois d'août 1980 qui donnèrent corps à la Région wallonne. Les articles, comme le veut la loi du genre, sont des plus diversifiés dans leur objet comme dans leur longueur: les figures des grands ténors (Fernand Dehousse, Jean Rey) y côtoient les petits comitards pour lesquels on ne dispose parfois que d'informations fragmentaires; les grands appareils (Rassemblement wallon, Mouvement populaire wallon) ont leurs entrées mais aussi en plus bref les associations locales ou folkloriques, genre Jeunesses wallonnes de Sprimont ou Ligue wallonne de Forchies-la-Marche

«Il n'est guère de village, de commune qui n'ait eu sa ligue wallonne», s'est réjoui le ministre-Président wallon Jean-Claude Van Cauwenberghe lors de la présentation à la presse du deuxième volet du triptyque. «Voilà qui contribuera sans doute à nuancer la thèse selon laquelle cette problématique demeurait largement étrangère aux préoccupations de la population.» Autre chose, toutefois, est de savoir combien parmi ces groupements avaient une base réelle et combien ne furent que des coquilles vides chapeautées par l'indispensable trinité président-trésorier-secrétaire.

Des journaux, des périodiques, des thématiques (Fêtes de Wallonie, Fourons, immigration, législation linguistique, Namur capitale) sont également traités par l'encyclopédie qui s'imposera comme un outil de valeur, même si on y décèle parfois un peu de flou à la frontière entre démarche de chercheurs et démarche de militants. L'article consacré à la tentative de constitution d'un gouvernement wallon en 1950, par exemple, est dû José Fontaine, qui dispose d'informations sur cette question mais à qui son engagement vaut de figurer aussi, quelques pages auparavant, non plus comme auteur mais comme sujet d'une notice, rédigée par Paul Delforge.

«Encyclopédie du mouvement wallon», 3.300 F (81,80 euros) par volume, 9.900 F (245,41 euros) pour les trois (frais de transport compris), compte 068-2116100-72 de l'Institut Jules Destrée, avenue Louis Huart 9, 5000 Namur, fax: 081.22.64.11, Web www.wallonie-en-ligne.net

L'illustration ci-jointe est parue dans «Wallonie libre» en février 1982. André Haine y caricaturait les dissensions entre les grands ténors du mouvement wallon.

© La Libre Belgique 2000