Belgique

Les dernières déclarations de Charles Michel, président du MR, sur les peines incompressibles, donnent la nausée " C’est par ces mots que la vice-Première ministre, Laurette Onkelinx (PS), a violemment réagi aux critiques de Charles Michel (voir ci-contre). La ministre entend tout d’abord rappeler que, lorsqu’elle était ministre de la Justice, tout comme aujourd’hui, elle s’est toujours refusée à commenter publiquement les décisions de justice. Elle observe toutefois que la loi créant le Tribunal de l’application des peines - dont elle a pris l’initiative - visait précisément à garantir l’indépendance de la justice et à éviter que des décisions sur l’exécution des peines puissent être prises par des responsables politiques. "Elle permettait également, explique Laurette Onkelinx, que les victimes, si elles le souhaitent, puissent être entendues par le tribunal de l’application des peines sur les conditions qui devaient être imposées dans leur intérêt". Laurette Onkelinx affirme aussi que les propos du MR sont "mensongers". Elle rappelle que, une loi, prise à son initiative, prévoit qu’en cas de récidive, les condamnés à perpétuité ne peuvent plus bénéficier de la libération conditionnelle qu’après avoir subi deux tiers de leur peine. Mieux : la peine ne peut être ramenée en dessous des trois quarts de la peine prononcée par le juge en cas de récidive pour crime de sang. Laurette Onkelinx entend respecter l’accord du gouvernement Di Rupo Ier : "Il ne peut cependant être question de tomber dans le sensationnalisme et de légiférer sous la pression de l’émotion provoquée par une situation individuelle." Elle ajoute : "Il est détestable de tenir, comme le fait le MR, des discours différents au sein du gouvernement et du Parlement d’une part, devant l’opinion publique, d’autre part. Les responsables politiques doivent, en période électorale comme à tout autre moment, conserver un minimum de dignité et ne pas verser dans la basse démagogie". Laurette Onkelinx déplore enfin que le MR "préfère exciter la vindicte populaire plutôt que de travailler dans la sérénité sur des questions essentielles pour la sécurité de chacun".