Belgique

Charles Michel lui-même avait retrouvé le chemin du Parlement wallon, mercredi à Namur, pour la première fois depuis qu’il est président du MR, afin d’appuyer tout le mal à penser de la politique du logement de la majorité Olivier. Aux côtés de quatre députés (Borsus, Crucke, Jamar, Reuter), sa charge est rude contre le projet de décret de Jean-Marc Nollet (nos éditions de mardi) et, par-delà, contre diverses annonces répétées par le ministre Ecolo.

Ainsi, où est la rationalisation du secteur, alors que les 68 sociétés de logement public de Wallonie (une par moins de 4 communes en moyenne) totalisent 1 150 administrateurs (pour 2 000 membres du personnel), un chiffre qu’Ecolo s’apprête encore à gonfler d’une disposition taillée à sa mesure pour faire entrer les siens dans les Conseils ? Ainsi, où sont les moyens pour créer 7 000 logements de plus, pourtant bien en deçà des défis démographiques et sociétaux ? C’est que, pense l’Union des communes, le disponible est susceptible d’en créer à peine 1 400 ; c’est que seulement 590 à 700 logements par an ont été terminés entre 2004 et 2009, loin des milliers promis. La rénovation, elle, ne suit pas. Tandis que le secteur est en déficit structurel (chaque logement génère une perte de 304 euros par mois) et s’endette (2 milliards). Et puis, poursuivent les réformateurs à tour de bras, rien n’est dit sur les problèmes d’insalubrité. Ni sur la capacité de mobiliser le secteur privé ou l’accès à la propriété, ce contre quoi bloque idéologiquement le gouvernement de gauche

Car le MR propose une alternative, voulant trouver à se démarquer dans le registre par "une philosophie radicalement différente" : schéma de développement régional ; refinancement et rationalisation ; renforcement de l’accès à la propriété notamment par le paiement unique des droits d’enregistrement (leur "portabilité"), un développement du crédit social, un système d’usufruit locatif social Ou encore, règles d’attribution de logements adaptées à la situation de chaque commune ou bassin.

Au fait, que pense le MR du principe de sanctions financières pour communes inactives en logement ? M. Michel : "Ridicule, insensé ! C’est l’obsession du pourcentage, néodirigiste et néocollectiviste ! Oui, des communes doivent faire plus d’efforts. Mais elles doivent pouvoir le faire selon leurs réalités propres".