Belgique

A les entendre plus personne, bientôt, ne voudra gouverner avec personne. Quel climat ! Et dire que les trois partis traditionnels, PS, MR et CDH doivent logiquement continuer à gouverner ensemble au niveau fédéral jusqu’en 2011

Ce week-end donc, plusieurs formations politiques ont fait le point de la campagne après une semaine particulièrement houleuse et les révélations des étonnants cumuls du ministre Didier Donfut, poussé à la démission.

Donc, pour les libéraux et leur président, Didier Reynders, les choses sont claires : "Un certain nombre de socialistes sont désormais infréquentables" car, a-t-il dit au congrès libéral organisé à Mons, "les valeurs qu’ils sont censés incarner ont été dévoyées".

Cela signifie-t-il que le MR refusera toute alliance, bi (violette) ou tripartite (de type arc-en-ciel) avec le PS dans la Région ou à la Communauté française ? Didier Reynders n’a pas été jusque-là, mais il a souligné la nécessité devant laquelle les deux autres partis, le CDH et Ecolo, se trouveront au lendemain des élections du 7 juin. Epinglant le CDH, que le MR continue de voir "scotché" au PS, le président du MR s’est également interrogé sur la stratégie d’Ecolo, deux partis qui pourraient constituer une majorité de type "Olivier" avec le PS, le grand cauchemar du MR.

Ecolo, répètent ses responsables, ira aux élections les mains libres et verra, le soir des élections et les jours suivants, et sur la base des programmes, quelles majorités peuvent être constituées. Il semble clair qu’une majorité "à gauche" ou "au centre" (de type Olivier) conviendrait mieux à certains verts. Car certains écolos pensent que ce serait le bon moment de s’allier avec des socialistes en perte de vitesse et donc moins arrogants que lors de la constitution des convergences à gauche. Ecolo prendrait ainsi une sorte de revanche.

Un PS moins arrogant ? Impossible, estiment d’autres écologistes qui n’excluent plus la possibilité d’une Jamaïquaine réunissant le MR, le CDH et Ecolo. Ecolo ne serait plus nécessairement la troisième roue de la charrette, comme lors de l’arc-en-ciel.

Le CDH se déclare également libre et refuse de prendre parti. A Didier Reynders qui juge le PS infréquentable, Joëlle Milquet lance : "Je suppose que disant cela, M. Reynders va donner ordre, lundi de quitter dans les communes, les provinces et au gouvernement fédéral, l’ensemble des majorités au sein desquelles il est à l’œuvre avec le PS " Mais pour Joëlle Milquet l’enjeu des prochaines élections n’est pas de savoir qui sera le premier parti. "L’enjeu, précise-t- elle, n’est pas ce match affligeant d’agressivité et de coups bas entre PS et MR. La surprise viendra plutôt des deux autres partis, des deux plus nouveaux qui échappent à ce genre de clivage matérialiste".

Cela dit, au CDH aussi, le débat existe. Certains pensent que les majorités PS et CDH ont fait un excellent travail et qu’il faut poursuivre l’expérience, compte tenu des bons rapports humains entre les deux équipes. De plus, certains pensent qu’il est impossible de travailler efficacement "contre" l’administration, très socialiste dont on suppose qu’elle mettrait des bâtons dans les roues d’un gouvernement privé de socialistes D’autres estiment au contraire que la collaboration avec le PS a montré ses limites et que, compte tenu du possible ressac électoral socialiste, il y a lieu de réfléchir à une alliance avec le MR et Ecolo.