Belgique

Le Mouvement réformateur a adopté dimanche lors d'un congrès à La Louvière son programme en vue des élections locales d'octobre 2018, au terme d'un processus participatif de ses militants qui ont fait de la bonne gouvernance la grande priorité du parti. "Ce n'est qu'en agissant de la sorte que nous pourrons faire barrage aux formations extrémistes qui vendent des solutions simplistes, démagogiques et dangereuses", a lancé le président du parti, Olivier Chastel. "Ce qui se met en place en Région wallonne, nous voulons que cela se décline aussi dans les communes."

D'emblée, le président du MR, Olivier Chastel, a voulu mettre l'accent sur la bonne gouvernance après les affaires KazakhGate, Publifin et SamuSocial. "La bonne gouvernance est notre grande priorité : ce que nous mettons en place au niveau régional doit se voir aussi au niveau local". Le MR dit vouloir "réformer drastiquement les provinces, encourager la fusion volontaire des communes de petite taille, favoriser la fusion volontaire des communes et des CPAS, rationaliser les structures pour rendre leur fonctionnement plus lisible et efficace".

La formation libérale, présente dans quatre majorités provinciales sur cinq en Wallonie et elle aussi touchée par le scandale Publifin qui a frappé provinces et communes liégeoises, confirme sa volonté de supprimer à terme l'institution provinciale, sans perte de services ni d'emplois, par des transferts de compétences vers les communes ou la région.Des pas dans cette direction pourraient déjà intervenir sous cette législature régionale, selon M. Chastel, qui avait estimé cette semaine que le scrutin provincial 2018 pour être le dernier. Mais une suppression totale de l'institution nécessite une majorité des deux tiers, rappelait-il dimanche.

L'encouragement à la fusion volontaire des communes de petite taille, ainsi que des communes et CPAS (en respectant l'autonomie communale), figure aussi parmi les lignes directrices que le parti envoie à sa centaine de bourgmestres sortants et à ses candidats-bourgmestres. Quant aux intercommunales, "il faut impérativement opérer des économies d'échelle pour réduire leur coût de fonctionnement", insiste le président du parti Olivier Chastel.

Le MR veut aussi renforcer la personnalisation de l'accompagnement des bénéficiaires du revenu d'intégration sociale (RIS) "et pourquoi pas les encourager à créer leur propre job". Le système des articles 60 et 61 (mise à l'emploi via le CPAS) serait renforcé par des contrats de travail entre bénéficiaires du RIS et CPAS, ou un partenaire privé."Nous pensons qu’il faut permettre à chacun d’être acteur du changement", a dit le président du parti face aux militants. "Dans le domaine de l’action sociale, nous entendons donc mobiliser les bénéficiaires d’allocation pour qu’ils prennent plus facilement le contrôle de leur vie. Nous voulons renforcer la personnalisation de l’accompagnement des bénéficiaires du Revenu d’intégration sociale", détaille Olivier Chastel. Le parti indique que dans le domaine du développement de l'activité économique, les communes ont aussi un rôle à jouer en favorisant par exemple le commerce local ou en développant l'activité des centres.

Comme d'autres formations, les réformateurs souhaitent aussi pousser les communes à développer des applications numériques pour trouver des solutions de mobilité (prêt, partage ou location de vélos, scooters, voitures, places de stationnement, etc.), mieux informer et interagir avec l'administration, par exemple pour signaler des nuisances, des problèmes de propreté ou de stationnement, retransmettre les séance du conseil communal sur internet, etc.

En matière environnementale, jugeant que les comportements éco-responsables s'acquièrent moins par la contrainte que l'adhésion volontaire, le MR propose d'exonérer partiellement de taxes environnementales les personnes ou entreprises qui adoptent des comportements écologiquement vertueux dans leur quotidien.

Le MR souhaite encore réduire la participation des structures publiques dans les investissements. Ainsi, le parti libéral préconise des partenariats public-privé dans les différents domaines d'investissement.

Enfin, derniers points mis en évidence par le Mouvement Réformateur lors de son congrès, il s'agit des domaines de la propreté et de la sécurité. Dans les deux cas, le MR propose une approche à la fois préventive et une action répressive. Concrètement, le parti propose l'amplification du recours aux sanctions administratives communales dès l’âge de 14 ans, la tolérance zéro envers les petites incivilités et le recours plus systématique aux caméras de surveillance et aux outils digitaux.