Belgique

Deux cas de violence policière contre des personnes d'origine étrangère ont été signalés jeudi par le Mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie (Mrax). L'un à l'encontre d'une famille turque, l'autre contre le vice-adjoint du Mrax, Gino Edwélé, d'origine africaine.

Selon ce dernier, samedi, à 5h du matin, place de la Bourse, une patrouille de police contrôle son identité, et celle de deux amis d'origine marocaine. S'interrogeant sur le caractère discriminatoire de cette approche, il sera menotté et jeté au sol, avant d'être embarqué au commissariat de Bruxelles-ville, où il recevra plusieurs coups de poing. Après plusieurs heures d'attente en cellule, il est déféré au substitut du procureur du Roi pour fait de rébellion. Au-delà de ces cas individuels, le Mrax note une hausse des «violences policières racistes»: entre 2000 et 2004, plus de soixante plaintes mettant en cause le comportement des forces de l'ordre ont été reçues, soit 1/5 du travail de leur service juridique. Depuis le début de l'année 2005, douze dossiers de la sorte ont été ouverts.

Deux zones de police - les 19 communes de Bruxelles ont été divisées en six zones de police - sont particulièrement visées: la zone 5344 (Schaerbeek, Saint-Josse, Evere) compte 10 plaintes et la zone 5339 (Bruxelles-ville et Ixelles) en totalise 24.

Selon le commissaire De Coninck de cette dernière zone, «24 plaintes, cela n'est pas beaucoup, vu qu'on est la plus grande zone de police de la capitale. Toutes les activités se passent ici: manifestation, culture, théâtre. Et puis, toutes les plaintes ne sont pas justifiées». Quant au dossier du directeur adjoint du MRAX, il ne le connaît pas.

Entre autres propositions, le Mrax demande une enquête dans les commissariats de ces deux zones de police.

© La Libre Belgique 2005