Belgique

En 2018, 35 % des élèves francophones du secondaire ont choisi le néerlandais en deuxième langue. Contre 50 % en 2010.

C'est une thématique dont on ne se débarrassera vraiment jamais : l'enseignement du néerlandais à l'école. Faut-il le rendre obligatoire en Wallonie et non plus seulement à Bruxelles ?

Ou bien faut-il plutôt en rester à la situation habituelle, où la langue de Vondel tend à disparaître de plus en plus du côté sud de la frontière linguistique ?

Reste que le constat est alarmant : alors qu'en 2010, 50 % des élèves du secondaire choisissaient le néerlandais comme deuxième langue, ils ne sont plus qu'un sur trois en 2018. "Nos recherches montrent que le néerlandais n’est pas très attrayant en Belgique francophone", explique ainsi Laurence Mettewie, chercheuse à l'Université de Namur.

Pas une nouveauté

Au cours de l'émission De Wereld Vandaag diffusée sur la VRT, elle a rappelé que "c’est comme cela depuis 20 ans. Les élèves francophones trouvent toujours que le néerlandais n’est pas une belle langue. S’ils ont conscience qu’elle est utile et qu’ils en auront besoin dans leur carrière professionnelle, la manière dont ils perçoivent cette langue continue de déterminer leur choix."

La solution serait-elle donc d'en imposer l'enseignement, comme c'est toujours le cas pour le français en Flandre ? Non, répond Laurence Mettewie. Pour elle, il faut chercher ailleurs "Nous devons le rendre plus attrayant et plus intéressant. Dans les écoles où je vais j’essaie de montrer que la communauté flamande a beaucoup à offrir. Je mets mes élèves en contact avec la langue néerlandaise par le biais de programmes tv, de films, de musique ou de littérature."

Du pain béni pour la N-VA

Le journaliste Christophe Deborsu n'est pas de cet avis. Sur le plateau de l'émission De Afspraak, il s'est ainsi prononcé en faveur du néerlandais obligatoire à l'école, avant de préciser qu'il était sans doute trop tard : "Un directeur d'école m'a dit récemment que cela déclencherait une révolution parmi ses élèves. Ils préfèrent apprendre l'anglais et oublient apparemment que le néerlandais est la première langue parlée en Belgique."

Et la raison à cette baisse d'intérêt serait tout simplement due à l'inarrêtable montée de la N-VA depuis 2010. "Beaucoup de gens pensent que cela ne sert à rien et que la Belgique va bientôt disparaître. Alors pourquoi devraient-ils apprendre l'autre langue ? Et pour la N-VA c'est du pain béni", conclut ainsi Christophe Deborsu.

Le serpent n'a pas fini de se mordre la queue.