Belgique

Ca y est, l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace (Ocam) a, comme on s’y attendait, ramené, lundi, de 3 à 2 - sur une échelle de quatre- le niveau général de la menace (terroriste) sur le territoire belge.

C’est ce qu’a annoncé le Premier ministre Charles Michel, à l’issue d’une réunion du Conseil national de sécurité (organe réunissant les principaux ministres du gouvernement fédéral et des responsables de différents services de sécurité) qui venait de prendre connaissance de la communication officielle de la baisse du niveau de la menace.

Le Premier a rappelé qu’il fallait maintenir une “culture de la sécurité” et procéder à des “évaluations régulières”.

L’une des principales conséquences de la décision de lundi sera de faire fondre les effectifs des militaires déployés dans les rues des villes belges, en appui des services de police. Mais il ne disparaîtront pas. “Nous gardons les militaires de façon proportionnelle”, a précisé M. Michel.

En outre, le niveau 3 de la menace vaudra toujours pour une série de sites sensibles, non autrement précisés. De plus, certains événements feront l’objet d’une vigilance particulière.

La décision de lundi est le résultat à la fois des efforts fournis par les services de sécurité et la police pour contrer la menace, et d’une diminution du risque d’une attaque de l’État islamique, après les revers subis par l’organisation en Syrie et en Irak.

Jusqu’à 1828 hommes

Les militaires ont été déployés dans les rues de Belgique en janvier 2015, mois où se sont produits l’attentat contre le siège de “Charlie Hebdo”, à Paris, et le démantèlement d’une cellule terroriste, à Verviers. Cent-cinquante membres des forces terrestres avaient alors, dans le cadre de l’opération “Homeland”, été chargés de protéger à Bruxelles et Anvers des bâtiments sensibles, tels que les ambassades ou les institutions internationales.

Jusqu’aux attentats de Paris du 13 novembre 2015, leur nombre a oscillé entre 200 et 400. Leur mission: venir en soutien des forces de police. Après les attentats parisiens, leur présence a été augmentée pour dépasser le millier d’hommes. Au début de 2016 et jusqu’aux attentats de Bruxelles du 22 mars, ce nombre avait été abaissé à environ 800 unités.

Après le 22 mars, 1828 hommes ont été requis. Ce dispositif a été conservé pendant plusieurs semaines avant de connaître une diminution puis une stabilisation à la fin octobre 2016.

Les décideurs politiques ont alors accepté une optimalisation des effectifs, en diminuant les postes fixes et en autorisant les patrouilles mobiles. Le nombre de militaires en rue est passé de 1 300 à 1 100. Le différentiel de 200 militaires restait mobilisable selon les besoins.

Cent quarante millions d’euros

Leur présence en rue a souvent fait l’objet de débats, notamment sur les règles d’engagement des militaires. C’est-à-dire les circonstances qui autorisent l’utilisation de leur arme de service. Jusqu’ici les militaires n’ont eu recours à la force que deux fois.

Pour de nombreux officiers et pour les syndicats, la charge imposée aux militaires était particulièrement lourde. Quant au coût de l’opération, il s’est élevé, en trois ans, à 140 millions d’euros, comme l’a indiqué il ya quatre jours le ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA).

Si les discussions à propos des effets de cette présence sur une chute (réelle) de la criminalité n’ont jamais été vidées, il est sûr que la présence des militaires dans nos rues était populaire au sein de la population.

En octobre 2017, un sondage réalisé par la Libre, la RTBF, la VRT et De Standaard montrait que 69% des Wallons, 67% des Bruxellois et 64% des Flamands étaient favorables à un maintien des militaires en rue, les plus de 55 ans étant les plus favorables à ce maintien de même que les électeurs socialistes.