Le Nouvel an juif, l'occasion de repartir sur la bonne voie...

Ces lundi 3 et mardi 4 octobre les Juifs du monde entier se souhaiteront une excellente année... C'est en effet à ces dates et entre deux heures précises déterminées à l'avance, qu'aura lieu la fête de Roch Ha-chana ou encore Rosh Hachana. Dossier.

Christian Laporte
Le Nouvel an juif, l'occasion de repartir sur la bonne voie...
©Flémal

Ces lundi 3 et mardi 4 octobre les Juifs du monde entier se souhaiteront une excellente année... C'est en effet à ces dates et entre deux heures précises déterminées à l'avance, qu'aura lieu la fête de Roch Ha-chana ou encore Rosh Hachana.

Si sur l'ensemble de la planète, on s'est mis d'accord sur un calendrier civil qui commence le 1er janvier et se termine le 31 décembre avec 365 jours, voire 366 tous les quatre ans, il en existe diverses autres versions, dictées notamment par des prescrits religieux et/ou culturels.

Petite immersion dans le calendrier hébraïque... En l'occurrence, il est ce que l'on appelle un calendrier luni-solaire composé d'années solaires, de mois lunaires, et de semaines de sept jours commençant le dimanche et se terminant le samedi, jour du chabbat.

Au début du monde, il y eut la Genèse ("Beréshit" : "commencement"), le premier livre de la Bible. On évalua que cela se passa en l'an -3761 de notre ère ou, si l'on préfère, du début du calendrier grégorien. Ainsi, ces 3 et 4 octobre 2016, on célébrera selon le calendrier hébraïque, le Nouvel An de 5777. Mais l'an prochain, cela se passera le 21 et le 22 septembre et en 2018, ce sera le 10 et le 11 septembre.

Comment expliquer ces décalages ?

Chaque nouveau mois commence avec la nouvelle lune. Le calendrier s'aligne sur une année solaire et sur des lunaisons de 29 jours 12 heures 44 minutes et 3 secondes plus un tiers de seconde. Il alterne des mois de vingt-neuf et de trente jours. Une année lunaire de douze mois fait 354,36 jours. Comme une année solaire fait 365,24 jours, près de onze jours se perdent chaque année. Pour rattraper ces jours perdus, les années comportent successivement douze ou treize mois lunaires.

Tête de l'année

Roch Ha-Chanah qui selon les exégètes n'apparaît qu'une fois dans la Bible, plus précisément dans le Livre d'Ezéchiel, signifie en fait "tête de l'année". Le Nouvel An juif correspond donc au jour anniversaire de la création du monde par le Tout Puissant.

Comme on l'a lu ci-dessus, Roch Ha-Chanah dure deux jours et est célébré le 1er et le 2 du mois de Tichri dans le calendrier hébreu.

Roch-Hachanah évoque d'une part la création d'Adam et Eve, créés à l'image divine, et dont descend l'humanité tout entière mais renvoie aussi au sacrifice d'Abraham quand Dieu refusera le sacrifice humain pour le sacrifice animal.

La fête marque le début des dix jours de pénitence pendant desquels les Juifs sont invités à méditer les fautes qu'ils ont commises tout au long de l'année écoulée et donc d'en demander pardon à Dieu. Puis, comme dans d'autres traditions culturelles et religieuses, cette période d'introspection et de repentance se conclut par le Grand Pardon, Yom Kippour.

Si l'expression Roch Ha-Chanah n'apparaît qu'une fois dans la Bible (Ez 40,1) , la fête apparaît dans la Torah sous trois noms différents :

* Chabbaton : jour de repos solennel qui devait être observé au premier jour du septième mois

* Zikhron terouah : jour du Souvenir proclamé par la sonnerie du chofar (corne de bélier)

* Yom Terouah : jour où l'on sonne du chofar

Les sages lui donnèrent plus tard deux autres noms : soit Yom ha-Din : jour du jugement ou encore Yom ha-Zikkaron : jour du Souvenir, où Dieu se souvient de ses créatures.

Quelques traditions...

A la synagogue...

A Rosh-Hachana, il s'impose de s'habiller en blanc pour aller à la synagogue. Une manière de symboliser le désir que devraient avoir les hommes de se rapprocher de Dieu en se purifiant de leurs péchés.

Autour de la table familiale...

Le début de l'année nouvelle est aussi marqué par un repas familial, par un Seder, le premier soir, au début duquel on fait un kiddoush (bénédiction du vin, effectuée au début du repas), puis la coutume veut que chacun trempe un quartier de pomme dans du miel afin que la nouvelle année soit douce.

Il est aussi appelé Yehi Ratson de Roch ha-chanah. On y mange également certains aliments précis : courge, fenouil, poireau, blette, dattes, figues, grenade, pomme et miel, tête d'agneau et poisson et tout cela en récitant de brèves formules. L'expression qui revient dans toutes celles-ci est précisément yehi ratson (que soit ta volonté). C'est une invocation à Dieu, un appel à sa bienveillance.

L'obligation d'écouter la sonnerie du chofar

Le chofar est une corne de bélier, en souvenir du sacrifice d'Isaac demandé )à Abraham. La sonnerie du chofar est liée à la fois au passé, au présent et au futur, et rappelle à chaque Juif qu'il est lui-même, en premier lieu, l'artisan de son futur.

La sonnerie du chofar vise également à sortir les hommes de leur assoupissement, de leur rappeler la souveraineté du Créateur et de les ramener au repentir.

La cérémonie du Tachlickh au bord de l'eau

Une autre tradition veut que l'après-midi du premier jour de Roch ha-chanah, on se rende au bord d'une rivière, d'un lac, de la mer ou d'un réservoir d'eau pour accomplir la cérémonie du Tachlikh, qui consiste à jeter symboliquement tous ses péchés dans l'eau...

---> Sources : Dictionnaire pratique et commenté du judaïsme, Étienne Gotschaux, ed. du Palio, octobre 2011 ; Dictionnaire encyclopédique du judaïsme, ed. Cerf, Paris, 1993 ; Le judaïsme, Sonia Brunetti Luzzati et Roberto Della Rocca, ed. Hazan, 2007 ainsi que divers sites religieux juifs.

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