Belgique

L’étau se resserre autour d’Alain Hubert, l’explorateur belge qui mène les missions scientifiques belges en Antarctique. Cette fois, c’est la justice qui s’en mêle. Le parquet de Bruxelles, pour être plus précis. En effet, une enquête y est en cours à l’égard des pratiques d’Alain Hubert et de l’organisme qu’il préside, la Fondation polaire internationale (IPF).

Suite à une dénonciation faite en décembre dernier par l’administration fédérale de la Politique scientifique auprès du procureur du Roi, une information judiciaire vient d’être ouverte contre l’aventurier polaire. La porte-parole du parquet de Bruxelles, Anja Bijnens, a confirmé hier à "La Libre" ce dernier rebondissement dans la saga entourant la base polaire belge Princesse Elisabeth. Il faudra naturellement attendre les résultats de l’enquête pour savoir si Alain Hubert sera poursuivi ou non pour les faits qui lui sont reprochés.

Comme révélé dans ces colonnes il y a quelques semaines, Philippe Mettens, le dirigeant de la Politique scientifique, administration responsable de la station polaire en Antarctique, a transmis un gros dossier à charge d’Alain Hubert. Les reproches sont graves : conflit d’intérêts et prise illégale d’intérêts. Rappel : Alain Hubert est à la tête de l’IPF - qui assure la logistique de la station polaire belge - alors que cette même fondation tire ses moyens du Secrétariat polaire (l’organisme privé-public qui associe les différentes parties à la base scientifique belge en Antarctique) dont Alain Hubert est également président. Pour la Politique scientifique fédérale, cette situation constitue en soi un conflit d’intérêts dans le chef de l’explorateur.

670 000 euros de factures

Mais ce n’est pas tout : trois autres structures dans lesquelles Alain Hubert (et/ou sa femme) est présent facturent des services à sa fondation dans le cadre des missions en Antarctique. Parmi les fournisseurs de la Fondation, figurent en effet l’ASBL Polaris Centre (dont l’explorateur est administrateur); la SPRL Partius Analyst (dans laquelle on retrouve la femme d’Alain Hubert), la SCRL Cherbai (dont Alain Hubert est administrateur), ainsi qu’Alain Hubert lui-même.

Au total, rien que pour la campagne scientifique 2011-2012, il y en a pour plus de 670 000 euros de factures. "Il me semble qu’il s’agit là d’un véritable système où la Fondation et Monsieur Alain Hubert interviennent à la fois dans l’organe de gestion public qui finance la station polaire et à la fois dans des entreprises privées dans lesquelles ils ont des intérêts ou desquelles ils reçoivent des intérêts qui sont financés à l’aide de l’argent public dont bénéficie la Fondation", notait Philippe Mettens dans la lettre qu’il avait adressée au procureur du Roi.