Belgique Mise en garde

Il y a eu quelque hourvari de militants d’extrême droite à Anderlecht, lundi à la prestation de serment de l’élu du parti Islam, Redouane Ahrouch. Par contre, rien de tel à Molenbeek pour Lhoucine Aït Jeddig, son autre élu. Est-ce dire que leur arrivée laisse de marbre la société civile ? Non, car le Réseau d’actions pour la promotion d’un Etat laïque (Rappel), qui réunit depuis cinq ans des militants de la cause laïque autour de Nadia Geerts et de Chemsi Cheref Khan, a livré une analyse sans concessions de ce qu’il qualifie de "parti clérical, antidémocratique et totalitaire" . "Pour la 1re fois, un parti a mis à son programme l’instauration de la loi religieuse - la charia - comme loi commune. Le vieux Parti catholique, inféodé à Rome, n’avait jamais envisagé de fondre le droit canon en droit belge. En promouvant sa loi religieuse comme source de droit pour tous les résidents d’un pays, même pour les fidèles d’une foi autre, même pour les agnostiques et les athées, il révèle sa vraie nature." Et de citer un florilège de "sorties rétrogrades et provocatrices" mais "l’aspect le plus pervers est passé inaperçu. C’est son programme social et son projet d’alliances stratégiques. Islam présente une liste détaillée de revendications sociales qui pille les programmes des partis démocratiques, mais c’est un écran de fumée qui dissimule sa vraie nature". Mais il y a pire : "La liste ébauche un front islamique bruxellois. Elle a répertorié tous les mandataires d’origine musulmane. Peu importe qu’ils soient pratiquants, agnostiques, athées, ni surtout qu’ils se considèrent comme les mandataires de tous leurs concitoyens et cantonnent leurs convictions philosophiques à la sphère privée." Selon le Rappel, "pour Islam, leur nature musulmane est inaliénable". Or, "sur 685 conseillers communaux, 141 sont musulmans dont 27 échevins et un bourgmestre. Avec plus de 20 % des élus, les musulmans seraient la 1re force politique de la capitale !"

Une fanfaronnade ? "Voire. Des convergences peuvent se nouer de manière pragmatique, sur des dossiers ponctuels. Des liens d’influence peuvent s’établir, de manière informelle, entre élus et militants." En fait, "le vrai danger d’Islam est ailleurs. Il joue un rôle d’incubateur pernicieux, ses idées vont percoler parmi les populations de tradition musulmane. A la manière dont le Blok/Belang a imbibé la Flandre. Et peut-être, plus encore, à la manière dont le Front national de Le Pen et ses éructations provocatrices ont imprégné l’opinion française. Avec ses coups de gueule sur la charia, son programme populiste, ses ouvertures vers les autres partis et son activisme - il a fait du porte-à-porte - Islam peut induire l’islamo-fascisation de certains pans de l’opinion belge".

Il y a un autre effet très pervers : "L’extrême droite historique a désormais un épouvantail grandeur nature pour doper son électorat. Les extrémismes antidémocratiques se renforcent mutuellement, la banalisation d’Islam est hélas déjà en route, à écouter certaines voix de l’exécutif "