Belgique

Ce nouveau parti fédéral de droite ambitionne de placer le citoyen au centre de l'enjeu politique. Porté par Mischaël Modrikamen, dont la réputation a été largement médiatisée lors de l'affaire Fortis dont il défend les actionnaires minoritaires, le PP entend récupérer l'électorat des partis traditionnels qui, a affirmé jeudi l'avocat d'affaires, "regardent trop leur propre intérêt et pas celui du citoyen".

Mischaël Modrikamen et Rudy Aernoudt déposeront des listes dans tout le pays. Ils défendront "sans tabou" un programme promettant une justice "efficace et rapide", "la sécurité partout" grâce à une "stricte politique de tolérance zéro", un enseignement "transmetteur de valeurs" et offrant aux parents le "libre choix de l'école", une taxation annoncée comme "plus juste" comprenant trois taux de 0 (jusqu'à 12.500 euros de revenus), 19 et 29% ainsi qu'une immigration contrôlée.

A cet égard, le PP dit ne pas croire à la société multiculturelle, M. Modrikamen affichant son souhait de voir se renforcer auprès de la population immigrée les "socles de belgitude". Selon lui, "il appartient à l'immigré de se plier à nos modes de vie et non l'inverse" et certaines "valeurs arriérées que certains immigrés véhiculent" sont à rejete.

Partisan du scrutin majoritaire à deux tours et du référendum, le parti populaire défend l'idée d'une circonscription fédérale. Il propose un assainissement institutionnel passant par la diminution de 62 à 22 du nombre de ministres et la suppression des Communautés. Seuls resteraient l'Etat fédéral et les Régions, chacun renforcé. Mischaël Modrikamen a lancé jeudi un "appel à tous les électeurs, militants, élus et mandataires des autres partis" à rejoindre le parti populaire. Il devra cependant s'agir dans leur chef d'une démarche volontariste par rapport au projet porté par le PP, a averti l'avocat. Pas question donc d'accueillir les "frustrés" d'autres formations ou d'ailleurs.

Certains auraient déjà manifesté un intérêt, a indiqué M. Modrikamen. Des négociations sont en cours avec le professeur de la KUL Rik Torfs, un "bekende vlaming". Parmi les curieux venus assister à la conférence de presse figuraient trois personnalités du MR dont l'ancien parlementaire bruxellois et ex-bourgmestre d'Ixelles Yves de Jonghe d'Ardoye, "intrigué" par la personnalité de M. Aernoudt, qui a-t-il rappelé, "avait reçu toute la sympathie libérale" lors de la tentative avortée de rapprochement avec LiDé.

Proche de Didier Reynders, administrateur délégué de l'Institut libéral et ancien président des Jeunes réformateurs libéraux, Pierre Pinte a répondu, également par curiosité, à l'appel d'une invitation sur Facebook. Mais il a quitté l'événement avec un "goût de trop peu" et le sentiment que les prétendues idées novatrices y annoncées avaient déjà fait l'objet de réflexion ailleurs.

Rondement menée, sous la surveillance de vigiles alertes, la conférence de presse s'est déroulée, dans un club house à Uccle, devant une foule médiatique et une poignée de militants et de curieux. Elle a eu lieu en présence du Bureau du parti, composé notamment de Chemsi Chéref-Khan, candidat malheureux à la dernière élection présidentielle du Centre d'Action Laïque et défenseur d'un islam laïque.