Belgique

Albert Van Bastelaere, le premier échevin de Binche, en charge de l'Urbanisme, du plan de Mobilité et de l'Enseignement, a passé à la prison de Jamioulx la nuit de mardi à mercredi, en tant que président de la société de logements «Habitations sociales de Binche et environs». Le directeur gérant de la même société coopérative, Philippe Gaillard, a dormi dans une cellule voisine. Ils ont été placés sous mandat d'arrêt, mardi soir, par la juge d'instruction France Backelandt, à Charleroi, après avoir été inculpés d'abus de biens sociaux et de corruption active. Le procureur du Roi, de Charleroi, Christian De Valkeneer, a fait hier le point sur ce dossier, dont il a précisé que, mis à part certaines similitudes dans les comportements, il n'avait aucun rapport avec celui de «La Carolorégienne», confié à la même juge d'instruction. Il s'agit d'indices identiques et ils vont, tout comme dans le dossier de «La Carolorégienne», nécessiter une instruction longue et ardue. Et si elle a soudain connu une accélération remarquable, ce n'est pas par une forme de contagion avec le dossier de «La Carolorégienne», mais bien parce que des motifs logistiques l'ont empêchée d'aller plus vite plus tôt: on manquait du personnel indispensable aux perquisitions menées mardi.

Montants substantiels

L'abus de biens sociaux reproché aux deux responsables de la société consiste en des dépenses somptuaires, des frais de restaurant et des achats de vin, mais aussi l'utilisation de personnel à des fins privées, alors qu'ils n'auraient dû être employés qu'à destination de locataires de cette société. Quant à mesurer l'importance des sommes ainsi dissipées, le procureur du Roi reste prudent, évoquant seulement des «montants substantiels», en attendant que l'enquête vienne les préciser davantage. On remarquera qu'il n'est pas, jusqu'ici, question de faux et usage de faux, pas plus que d'infractions aux lois sur la comptabilité, comme c'est le cas pour «La Carolorégienne». Il n'est cependant pas impossible que l'évolution de l'instruction vienne ajouter ces chefs d'inculpation à ceux déjà retenus par le magistrat instructeur.

PRÉCISION. Ainsi qu'il était dit correctement en page 4, et contrairement donc à ce qui était dit erronément en page 3, dans nos éditions de mercredi, la société des Habitations sociales de Binche est déjà passée sous le contrôle d'un commissaire spécial. Nos excuses pour cette confusion possible.

© La Libre Belgique 2005