Belgique

La conférence des présidents de la Chambre est tombée d'accord mercredi sur la façon dont elle organisera ses travaux sur la dotation du Prince Laurent. L'audience du prince ou plus vraisemblablement de son avocat sera publique. Les députés délibéreront ensuite à huis clos. Une commission ad hoc sera constituée, présidée par le président de la Chambre, Siegfried Bracke. Elle comptera, outre le président, 13 membres et les groupes politiques choisiront "sans restriction" les députés qui participeront à ces travaux.

La conférence des présidents n'a pas suivi la recommandation du bureau d'avocats consulté, selon laquelle il fallait "éviter que siègent des députés qui auraient exprimé des propos critiques, notamment dans la presse, à propos de la conduite reprochée au prince Laurent".

Par principe, un député a une opinion, c'est même l'essence de sa fonction, faisait-on remarquer dans plusieurs groupes politiques.

"Ces députés devront être prudents durant la période qui s'ouvre mais par nature un député a des opinions", a souligné le chef de groupe MR, David Clarinval.

En séance plénière, tous les députés pourront prendre la parole mais devront respecter un temps limité. Les votes se dérouleront selon un scrutin secret.

A la mi-décembre, le gouvernement a proposé à la Chambre de réduire la dotation du frère du roi Philippe de 15% en 2018, à titre de sanction après sa participation en juillet à une réception à l'ambassade de Chine sans avoir reçu d'autorisation. Cela représenterait une réduction de 46.000 euros.

L'avocat du prince a jugé cette proposition "sans précédent et disproportionnée". Selon lui, elle correspond de facto à la presque totalité du traitement annuel net du Prince puisque les dépenses de personnel et de fonctionnement, qui représentent les deux tiers de la dotation, sont difficilement compressibles. Il a fait savoir la semaine passée qu'il souhaitait s'expliquer publiquement devant le parlement afin que les droits de la défense soient respectés.