Belgique

Malgré sa spécialité légumière caractérisée par des produits n'ayant pas besoin de beaucoup de chaleur, la culture maraîchère wallonne a de quoi se plaindre du mauvais temps. `C'est principalement la qualité des produits qui est cause. Les récoltes ont été retardées et le temps humide a fait que les légumes ont été touchés par des maladies cryptogamiques (principalement des champignons) induisant beaucoup de pourriture´, déplore Jean Maréchal, directeur du Centre interprofessionnel maraîcher (Cim).

Pour les légumes appréciés pour leurs feuilles (laitue, chou), les chicorées (scarole, chicon, endive frisée), la mâche et le céleri vert ou blanc, l'abondance de pluie a eu un effet bénéfique sur la production. Pas de chiffre disponible, mais on indique une augmentation de la récolte. Logiquement, les producteurs devraient être aux anges, mais les prix font grise mine. `Les prix des salades sont bas depuis le début de l'année, mais ces derniers temps, ils ont chuté d'environ 20 pc. Les tomates aussi sont concernées par la baisse des prix´, confirme Filip Fontaine, directeur de la criée de la Brava à Zellik (Bruxelles).

La mauvaise affaire résulte aussi du fait que l'été n'étant pas vraiment au rendez-vous, les légumes de saison sont très peu demandés par les ménages.

Davantage de pesticides

A l'inverse des légumes-feuilles, les légumes-fruits (haricots verts, courgettes) et les courges manquent de chaleur pour donner une production optimale. Même constat pour les légumes-racines notamment les carottes, les betteraves, les radis et les salsifis. `Il leur faut 2 à 3 degrés de plus pour bien donner...´, murmure-t-on.

La conséquence est qu'ils se font rares sur les marchés entraînant une augmentation des prix. Sans pour autant les livrer - il faut surtout éviter une guerre des prix avec les centrales d'achats -, on signale en guise d'exemple que le prix de gros des courgettes a pratiquement doublé. En ce qui concerne les prix au détail, tout dépendra de leurs fluctuations sur dans les criées. Il faut attendre la grande saison des récoltes prévues en septembre-octobre pour les légumes-racines pour évaluer les dégâts. Mais la perte de rendement est certaine.

Les légumes-bulbes comme les oignons, les échalotes et l'ail devront subir les mêmes effets négatifs que les précédents. La plupart seront menacés par le mildiou. Pour contrôler la situation, les producteurs seront obligés d'utiliser davantage de produits phytosanitaires afin de lutter contre les maladies.

Quid des fruits? `Les rayons de soleil de juillet ont causé des brûlures aux pommes. Environ 10 pc de la production sont touchés. On a rarement vu autant de dégâts. Maintenant, il faut du soleil pour que les pommes et les poires aient une belle coloration´, dit Jacques Denis, président du Groupement des arboriculteurs pratiquant en Wallonie des techniques intégrées (Gawi). Le prix des fruits devrait rester stable. Toutefois, les producteurs seront pénalisés, car ils passeront beaucoup de temps à trier.

La Wallonie plus touchée

L'impact du mauvais temps sur la production de légumes devrait être important en Wallonie qu'en Flandre. Les producteurs du nord du pays privilégient la culture en serres, alors que c'est la culture en plein air qui prime au sud. L'Institut national de statistique (INS) évalue la valeur de la production maraîchère à pour 2000 à 761,03 millions d'euros.

Les légumes de plein air destinés à la consommation à l'état frais représentent 188,4 millions d'euros et les légumes industriels, 185,92 millions. Les légumes cultivés sous serres et destinés à la consommation à l'état frais comptent pour 31,98 millions d'euros et les champignons, 66,93 millions. Les principaux légumes de plein air destinés à la consommation à l'état frais sont le witloof (61,97 millions d'euros), les poireaux (37,18 millions d'euros), les carottes (12,4 millions d'euros) et le chou-fleur (9,92 millions d'euros).

© La Libre Belgique 2002