Belgique

Avec 19 sièges à pourvoir sur 62, le Hainaut est la plus importante circonscription du groupe linguistique français. Selon les résultats quasi définitifs (478 des 484 bureaux), les élections de ce dimanche ont donné lieu à une nouvelle marée rouge en terre hennuyère. Dans un de ses traditionnels bastions, le PS se devait d’y retrouver sa suprématie, alors qu’il était passé de 10 à 7 sièges lors des dernières élections fédérales de 2007, au profit du MR (6, +1), du CDH (3, +1) et d’Ecolo (2, +1), alors que le FN y avait conservé son unique siège à la Chambre. Le parti à la rose y nageait, il est vrai, à l’époque, en pleine "affaires carolorégiennes". Ce qui ne l’avait cependant pas empêché, malgré ce reflux, de conserver la confiance de plus d’un tiers des électeurs (34,2 %) en récoltant 254070 voix !

Dans ce cadre, le PS a non seulement retrouvé hier la majorité absolue en Hainaut en termes de sièges (11 sur 19), mais a dépassé, avec 48% des suffrages exprimés, son score pourtant déjà historique des élections de 2003 (44,1%). Au détriment de qui ? Principalement du MR, qui, crédité d’à peine 18 % des voix, perd non seulement environ 9 %, mais aussi deux sièges, dont celui conquis en 2007. L’effet "Olivier Chastel", qui avait marqué les esprits il y a trois ans, n’a donc pas perduré, les socialistes renforçant leurs positions dans les grandes villes comme Charleroi, La Louvière, Mons, Ath et Mouscron, approchant même la barre des 60 % à Binche (59,4 %!) sous l’impulsion du député-bourgmestre Laurent Devin. Et reprenant la main à Tournai, où le ministre-Président wallon Rudy Demotte, qui poussait la liste PS, a contrecarré l’avancée des bleus.

Les socialistes seront ainsi représentés à la Chambre par Elio Di Rupo (qui, s’il est appelé à d’autres fonctions gouvernementales, laissera logiquement sa place au premier suppléant, Olivier Henry), Rudy Demotte (qui sera évidemment aussi suppléé), Christiane Vienne (actuellement sénatrice cooptée), Patrick Moriau, Colette Burgeon, Laurent Devin, Eric Thiebaut, Philippe Blanchart, Franco Seminara, ainsi que deux autres représentants désignés après le calcul des voix de préférence.

Du côté du MR, Olivier Chastel laissera sa place au 1er suppléant, le Louviérois Olivier Destrebecq, tandis que les député(e)s sortant(e)s Jacqueline Galant, Marie-Christine Marghem et Denis Ducarme sont réélu(e)s, le député-bourgmestre brainois Jean-Jacques Flahaux perdant quant à lui son siège parlementaire.

Ecolo, tiré par la jeune députée Juliette Boulet et poussé par le ministre wallon Jean-Marc Nollet, s’est maintenu de son côté autour des 10 %, et conservait ainsi ses deux sièges.

Le CDH, toujours emmené par Catherine Fonck, perdait quant à lui environ 2,5 % à 11,5 %. Si Christian Brotcorne était assuré de rester député, ce n’était pas le cas de la Carolorégienne Véronique Salvi, les Humanistes perdant un de leurs trois sièges.

Le FN disparaît, lui, purement et simplement du paysage politique au niveau fédéral, alors qu’il était crédité hier soir de moins de 3 % des suffrages hennuyers (contre 7,9 % en 2007), ce qui devrait être fatal à son chef de file Patrick Cocriamont.

Bref, ces élections législatives n’ont pas donné lieu à des changements majeurs en Hainaut, mais simplement à un retour de balancier du côté du Parti socialiste qui, en cas de crise (que ce soit financière ou communautaire), continue à bénéficier du soutien des citoyens en tant que (dernière ?) bouée de sauvetage